Rouge comme un printemps au collège Lionel-Groulx

Au collège Lionel-Groulx, 5500 étudiants membres de l’AGEECLG étaient en grève illimitée du 1er mars au 15 août 2012. À la suite du dépôt de deux injonctions impliquant presque 400 signataires, le 15 mai 2012, la Sûreté du Québec force la ligne de piquetage et procède à des arrestations.

Photo de Pierre Robert

Un an après le printemps qu’a connu le Québec, la communauté du collège Lionel-Groulx, touchée de plein fouet par les événements, offre une tribune à l’expression et à la parole d’étudiants, de professeurs, d’essayistes, d’auteurs, d’artistes et du public.
C’est un de ces lieux, ouvert et libéré de censure, que sera le collège Lionel-Groulx les 15 et 16 mai 2013.

Le mercredi 15 mai, dès 17 heures, dans le hall d’entrée du collège, au 100 rue Duquet, l’événement s’ouvrira avec le vernissage d’une exposition de photographies de Luc Jardon, de Sylvie Béland, d’étudiants et de professeurs du collège, mais aussi avec la projection de vidéos, entre autres celle de l’artiste Édith Brunette et avec l’exposition des planches d’une bande dessinée de Philippe Couture.

Une conférence de Marie-Ève Charron (critique d’art et enseignante) sur l’art et le printemps québécois suivra, ainsi qu’une présentation d’un projet vidéo d’étudiants finissants en sciences humaines (ponctuée d’entrevues avec Alain Denault, Maxime Ouellet et Gilles Gagné).

À 20 heures, au Kafé étudiant (D-029), des étudiants, des professeurs du collège et des invités parmi lesquels Djemila Benhabib (auteure), Isabelle Baez (auteure et chargée de cours à l’UQAM), Jean Barbe (auteur) et Gabriel Nadeau-Dubois (ancien porte-parole de la CLASSE, diplômé de l’UQAM en histoire, culture et société et étudiant en philosophie à l’Université de Montréal) ont été conviés à partager leur regard sur ce printemps, les échos qu’il a suscités et ses lendemains.
L’artiste Sophie Castonguay y offrira également une performance participative : « Prêter l’oreille II ; le chœur en colère ».

Le jeudi 16 mai à 17 heures, au Carrefour étudiant du collège, Charles Bellerose et son groupe donneront un spectacle de jazz, puis à 18 heures, une table ronde réunira entre autres Christian Nadeau (professeur en philosophie à l’Université de Montréal), Mathieu Bock-Côté (essayiste) et Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste pour le quotidien Le Devoir).
Cette table ronde sera suivie d’un débat ouvert au public sur le thème « Les lendemains d’un printemps ».

Au plaisir de vous y rencontrer et d’échanger avec vous,

Les professeurs organisateurs de l’événement
Pierre Robert
Stéphane Chalifour
Judith Trudeau
Isabelle Billaud
Claire Portelance
Nathalie Larouche
Murielle Chapuis
Nathalie Miljour

evenement-facebook-fr

 

 

Mercredi 15 mai

17 h    Hall d’entrée Duquet : Exposition de photos (Sylvie Béland, Luc Jardon), d’une bande dessinée (Philippe Couture) et projection de vidéos (Édith Brunette).

19 h    Local D-107 : Conférence sur l’art et le printemps québécois (Marie-Ève Charron).

20 h    Kafé étudiant : Performance participative (Sophie Castonguay) et prise de paroles d’étudiants (Christopher Gyorffy, Amélie Poulin-Brière, Jean-Michel Patenaude-Girard, Simon Girard, Nicolas Guindon), de professeurs (Sébastien St-Onge, Claudine Vachon, Michel Milot, Zarko Bélanger-Lauzon) et d’invités (Djemila Benhabib, Isabelle Baez, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean Barbe).

Jeudi 16 mai 

17 h    Carrefour étudiant : Jazz avec le groupe Zulum (Charles Bellerose).

18 h    Carrefour étudiant : Table ronde « Les lendemains d’un printemps » animée par Sébastien Gendron avec Marie-Andrée Chouinard, Mathieu Bock-Côté et Christian Nadeau.

21 h    Carrefour étudiant : Projection d’une vidéo contenant des entrevues de Gilles Gagné, Alain Deneault et Maxime Ouellet (Julien McNicoll et Émilie Binette).

 

* 100, rue Duquet, Sainte-Thérèse, J7E 3G6

https://maps.google.ca/maps?client=safari&q=100+rue+duquet+googlemap&oe=UTF-8&ie=UTF-8&hl=fr

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D’un printemps à l’autre

 

« D’un printemps à l’autre »

Du 15 au 19 avril 2013

Le comité organisateur de la septième édition de la Semaine de la citoyenneté au Cégep du Vieux Montréal vous invite chaleureusement à prendre part à cet événement qui portera sur le Printemps érable.

Conférences, tables rondes, projections de films, performances, spectacles et exposition vous donneront l’occasion de revenir sur ce moment marquant afin d’en examiner les différentes facettes.

Le traitement médiatique de la grève, les manifestations artistiques nombreuses et variées, le devoir de réserve des professeurs, la liberté d’expression et la désobéissance civile sont quelques-uns des sujets qui seront abordés au cours de cette semaine thématique.

Cliquez ici pour obtenir la programmation complète de la Semaine de la citoyenneté 2013.

Aline Baillargeon, Xavier Brouillette,  Nathaly Ledoux,  Michèle St-Denis et Stéphane Thellen

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Déclaration de la Base face au Sommet

Déclaration de la Base face au Sommet

À l’initiative des Profs contre la hausse

 

Nous sommes du nombre de ceux et celles qui ont pris part, à notre façon, au débat public ouvert par le Printemps érable. Ce débat a eu lieu tant au sein d’organisations déjà existantes que de collectifs qui ont vu le jour à cette occasion.

Encore aujourd’hui, nous avons la conviction qu’un tel débat a eu lieu parce que la grève générale illimitée des étudiantes et étudiants et tout le mouvement populaire qui l’a accompagnée ont ouvert et imposé un véritable espace politique de réflexion, de débat et d’action. Un vent d’espoir, de mobilisation et de création a balayé le Québec. De nombreuses expériences d’autonomie et de démocratie ont pu se développer, que ce soit dans les assemblées générales étudiantes, les collectifs d’action, les assemblées populaires et autonomes de quartier. Les intelligences citoyennes se sont exprimées et des liens de solidarité se sont tissés à travers le désir d’imaginer l’avenir plutôt que de gérer le présent. Cinquante ans après le rapport Parent, toute une frange de la société s’est réapproprié le projet qui vise à faire société à travers l’éducation.

Comment traduire la vitalité de ces échanges et la créativité de l’action collective dans un Sommet rendu nécessaire pour répondre au mouvement, mais qui ne vise au fond qu’à l’enterrer et à le faire disparaître de nos mémoires? Comment se satisfaire d’un tel ersatz de débat public alors que l’enjeu est complexe et aurait nécessité une autre arène de discussion? Au printemps dernier, nous parlions d’une éducation accessible, publique et de qualité, nous interrogions son rôle et ses fondements. Aujourd’hui le gouvernement ne peut que reprendre le discours du gouvernement précédent et poursuivre sa politique de coupures budgétaires aveugles. Il nous abreuve d’un raisonnement comptable qui se réduit à chercher des moyens pour positionner le Québec dans l’économie du savoir.

Encore une fois, le Parti québécois sort la recette du Sommet pour clore le débat et faire taire la parole citoyenne. Plutôt qu’à un débat public, nous assistons à une entreprise pas très réussie de relations publiques. Comment transformer la générosité, l’audace, l’inventivité, le courage et l’envergure d’analyse du printemps érable en colonnes de chiffres et en une vision affairiste de la gouvernance universitaire? Aujourd’hui, comme l’année dernière, deux visions de l’éducation et de la société se confrontent, mais l’une occupe tout l’espace institutionnel et médiatique alors que l’autre est occultée.

Nous estimons important de poursuivre nos réflexions et nos mobilisations. Face aux visions marchandes et utilitaristes que soutient le gouvernement,  nous voulons réaffirmer la nécessité d’une vision humaniste et démocratique de l’éducation. Une brèche a été créée par le Printemps érable dans le credo néolibéral. Nous voulons la maintenir ouverte et même l’élargir. Aujourd’hui, nous devons retourner dans la rue pour défendre notre conception de l’éducation mais aussi pour signifier que maintenant, comme l’année dernière, nous aspirons à une autre façon d’organiser notre vie collective.

Listes des organismes appuyant cette déclaration:

99%Média
A bâbord!
Action travail des femmes du Québec
Alliance féministe pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe
Alternatives
ARTUNG
Assemblée populaire et autonome de Montréal
Assemblée populaire et autonome de quartier – Hochelaga Maisonneuve
Assemblée populaire et autonome de quartier – Plateau
Assemblée populaire et autonome de quartier – Villeray
Association pour une solidarité syndicale étudiante
Centre des femmes d’ici et d’ailleurs
Comité logement Rive-Sud
Convergence des luttes anticapitalistes
Collectif d’auteures « Les femmes changent la lutte »
Collectif éducation sans frontières de Montréal
Collectif féministe Les Sorcières
Le Couac!
CUTV
Écosociété
Équipe de Relais-femmes
Fédération des femmes du Québec
FRAPRU
GAPPA
G.R.O.S. Groupe de recherche en objectivité sociale
Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme
Hybris, théâtre
Infirmières contre la hausse
La pointe libertaire
Le 22 on ferme!
Les Alter Citoyens
L’R des Centres de femmes
Lux éditeur
Maille à part
Mères en colère et solidaires
M.O.U.S.T.A.C.H.E.S
Nouveaux cahiers du socialisme
Parents contre la hausse
P!nk Bloc, Montréal
Politics & care
Presse-toi à gauche
Profs contre la hausse
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec
(Re)vivre dans la nuit
Les sardines, banc très compact
Têtes blanches, carré rouge

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Une large Coalition de groupes sociaux en faveur de la gratuité scolaire – du primaire à l’université !

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, composée de 140 groupes communautaires, syndicaux, féministes et populaires de différentes régions se positionne en faveur de la gratuité scolaire et se joindra à l’ASSÉ lors de la manifestation nationale du 26 février 2013 pour une éducation libre, accessible, et gratuite.

Réunis en assemblée générale le 6 février 2013, les groupes membres ont résolu à l’unanimité que la Coalition se positionne en faveur de la gratuité scolaire, du primaire à l’université. « Il y a une large adhésion à la perspective de gratuité scolaire au sein de nos organismes. Il est clair pour nos membres, qu’elles et ils soient des familles monoparentales, des locataires à modestes revenus, des personnes assistées sociales, des travailleuses à revenus moyens, que les frais sont un frein à l’accessibilité », affirme François Saillant du FRAPRU. « Pour les parents à faibles et modestes revenus, les frais de scolarité sont un facteur d’appauvrissement » rappelle-t-il. Depuis sa fondation, la Coalition milite en faveur de services publics accessibles et de qualité, dont fait partie l’éducation.

Pour un accès universel et gratuit à l’éducation
Selon la Coalition, le Québec doit faire le choix de la gratuité pour favoriser l’égalité des chances et mettre un frein à l’endettement étudiant qui atteint en moyenne $ 15 102 à la fin des études universitaires de premier cycle (1). Il faut rappeler que l’imposition de droits de scolarité représente une forme de discrimination sociale fondée sur la capacité financière des individus. « Si l’application des recommandations du rapport Parent dans les années 60 a permis au Québec de faire un bond en avant dans la démocratisation de son système d’éducation, il faut aujourd’hui compléter ses objectifs en rendant le système gratuit à tous les niveaux » affirme Jean Murdock, secrétaire général de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). Par ailleurs, la Coalition estime que toute proposition qui irait dans le sens d’une augmentation des droits de scolarité constituerait un choix socialement inacceptable et à l’opposé du principe d’égalité des chances.

Une analyse féministe contre la marchandisation de l’éducation
La Coalition rappelle par ailleurs que l’accessibilité de l’éducation est un moyen important pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes. « L’accès à l’éducation a eu et doit garder une fonction émancipatrice pour les femmes qui ont pu améliorer leurs conditions de vie » rappelle Angèle Laroche, présidente de l’R des centres de femmes du Québec, un des 140 groupes membres de la Coalition. Encore aujourd’hui, il existe au Québec des écarts économiques importants entre les femmes et les hommes (2). Par conséquent, le même frais chargé à une femme lui coûtera plus cher qu’à un homme, et ce, dans une proportion équivalente à l’écart économique qui les sépare. « Une façon de s’attaquer concrètement et efficacement à cette inégalité envers les femmes, serait de retirer l’ensemble des barrières tarifaires érigées entre les citoyennes et leurs droits sociaux : l’éducation, les services de santé et les services sociaux, le logement », affirme madame Laroche.

La gratuité se finance : près de 20 solutions fiscales et mesures de contrôle des finances publiques!
Pour la Coalition, le gouvernement fait fausse route en se privant d’étudier sérieusement la gratuité scolaire en prenant pour prétexte l’état des finances publiques. « Contrairement à ce qui est largement véhiculé, le Québec a les moyens de choisir la gratuité scolaire » affirme Caroline Toupin du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec rappelant que la Coalition a identifié près d’une vingtaine de solutions fiscales et mesures de contrôle des finances publiques. Ces mesures comprennent l’ajout de paliers d’imposition, l’abolition des crédits d’impôts sur les gains en capital, des mesures de contrôle des coûts des médicaments, et autres (3) et rapporteraient plusieurs milliards de dollars par année, alors qu’on évalue le coût de la gratuité scolaire à environ 700 millions de dollars. « C’est une question de choix politique que le gouvernement peut faire comme celui de 2007, quand l’État québécois s’est privé de 950 M$ de revenus pour accorder aux particuliers une baisse d’impôt qui a spécialement favorisé les mieux nantis», conclue Denis Létourneux de la Fédération autonome de l’enseignement.

PrésentEs en appui aux étudiantEs le 26 février prochain
Pour toutes ces raisons, les membres de la Coalition invitent la population à venir manifester aux côtés des étudiantEs pour une éducation libre, accessible, et gratuite le 26 février prochain, en marge du Sommet sur l’enseignement supérieur.

source: site de la FNEEQ

_________________________

  1. Selon les recherches faites par l’Institut de recherche et d’information socio-économique. http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf.
  2. En 2008, à l’échelle canadienne, les femmes gagnaient 71 % du revenu des hommes.
  3. http://www.nonauxhausses.org/affiches/alternatives-fiscales-justes-et-equitables-pour-les-finances-publiques/

Catégorie: Communiqués

Le Sommet de l’éducation supérieure : à chacun son camp de base

par Michel Seymour

Addendum au livre Une idée de l’université, pour ceux qui ont le temps de le lire.

Il y a un an, le gouvernement du Québec prétendait qu’il n’y avait aucun lien entre les droits de scolarité et l’accessibilité. Nous avions bien évidemment déjà plusieurs raisons de douter de cette affirmation, à commencer par le fait que le Gouvernement reconnaissait du même souffle la nécessité d’accompagner la hausse des droits de scolarité de mesures visant à améliorer les prêts et bourses. La question se posait alors de façon lancinante : pourquoi fallait-il améliorer les prêts et bourses, si ce n’était pas pour compenser l’impact négatif de la hausse sur l’accessibilité?

Mais voilà que les adversaires de la gratuité reconnaissent maintenant l’impact négatif des droits de scolarité sur l’accessibilité. Comme premier exemple de ce changement de cap, on peut rapporter les propos du recteur de l’U de M, M. Guy Breton, qui a un « pincement » quand il constate que seuls les plus riches parmi les étudiants ont accès aux études de médecine. Tiens donc! Dans l’état actuel des choses, les enfants de familles riches sont ceux qui ont le plus souvent accès aux programmes de médecine. Le recteur admet donc la présence quasi exclusive d’étudiants provenant de milieux aisés dans les classes de médecine !  «Si on voulait rendre ça accessible à tout le monde, on s’est trompé», a-t-il soutenu. On aurait alors envie de dire : retroussons nos manches et faisons en sorte de rendre les programmes de médecine accessibles à toutes les personnes compétentes. Mais non, M. Breton recommande paradoxalement des hausses modulées qui feraient en sorte que ça coûterait encore plus cher d’accéder à des études de médecine! Comme correctif à l’iniquité, il choisit d’introduire plus d’iniquité encore ! Lire la suite

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Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société»

Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société»

Par Claire Fortier, Jean-Pascal Larin et Johanne Paquin

Profs au Collège Édouard-Montpetit à Longueuil

Décembre 2012

Les 26 et 27 octobre derniers eurent lieu à l’UQAM des Journées de l’éducation, sous le titre «L’éducation pour faire société», organisées par un comité issu du réseau Profs contre la hausse. Le programme détaillé est toujours disponible sur leur site[1]. Le présent bilan a pour but de faire ressortir les grandes orientations qui s’y sont dessinées lors de la conférence d’ouverture et des tables-rondes afin de poursuivre la réflexion sur le type d’éducation souhaité.

Télécharger Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société» en PDF.

Organiser ces journées avec une douzaine de profs tant de cégeps que d’universités[2] fut une occasion rare et fort agréable de travailler entre collègues de ces deux niveaux d’études. L’expérience est à rééditer et l’appellation Journées de l’éducation démontre bien l’énergie qui nous anime toujours : l’espoir que ces journées deviennent récurrentes comme celles des Journées de la culture. Une affinité d’idées nous a vite permis de cibler les enjeux sur lesquels nous voulions réfléchir : les dérives marchandes du système de l’éducation actuel qui nuisent à un projet éducatif démocratique. Le titre de ces journées «L’éducation pour faire société» était une façon de lancer la réflexion sur l’importance du type d’éducation que nous souhaitons pour mieux vivre ensemble. Le présent bilan fait ressortir sept idées phares.

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Catégorie: Communiqués

LES PROFS CONTRE LA HAUSSE DEMANDENT UNE ENQUÊTE PUBLIQUE

LES PROFS CONTRE LA HAUSSE DEMANDENT UNE ENQUÊTE PUBLIQUE INDÉPENDANTE SUR LES OPÉRATIONS POLICIÈRES DURANT LA GRÈVE ÉTUDIANTE

 

Montréal, le 6 Novembre 2012

Dès le début du conflit opposant les étudiant-es au gouvernement Charest sur la question de la hausse des frais de scolarité universitaires, les Profs contre la hausse accompagnèrent ceux et celles-ci dans la rue. Nous fûmes ainsi témoins et victimes d’un nombre incalculable de comportements inacceptables de la part des forces policières.

 

Le refus de s’identifier, le refus d’indiquer les motifs d’une arrestation ou d’une détention, le contrôle non justifié des trajets des manifestations, le profilage des manifestant-es basé sur leur apparence, leur habillement, le port d’un symbole (carré rouge) ou leur âge, les injures, les menaces, les fouilles abusives, les détentions et arrestations injustifiées et l’usage excessif et non gradué de la force, ainsi que le refus de porter assistance aux victimes de cette force furent notamment observés à maintes reprises. Bafouant à notre avis quelquefois le droit et souvent les règles les plus élémentaires de la moralité ainsi que le propre code de déontologie des forces policières, ces comportements déjà inacceptables en eux-mêmes ont par ailleurs laissé des séquelles soit juridiques, financières, psychologiques et/ou physiques sur ceux et celles qui les ont subis ainsi que sur leur entourage. En brimant les droits fondamentaux de ceux et celles qui furent traité-es de la sorte, en particulier les droits relatifs à la sécurité, à l’association ainsi qu’à la libre expression, ces comportements ont également, ne l’oublions jamais, contribué à instaurer un climat de confrontation utilisé par les forces policières pour justifier rétroactivement ces mêmes comportements inadmissibles.

 

Présumément au service d’une certaine notion d’efficacité tactique, en toute apparence dans l’optique d’une répression de la contestation sociale, les étudiant-es ont été dans les pires des cas traité-es par les forces policières d’une manière qui aurait sans aucun doute suscité la consternation générale si elle avait été utilisée envers des animaux. Dans plusieurs cas, les comportements policiers frisaient l’irrationalité pure : charge de cavalerie sur un trottoir pour y disperser les étudiant-es alors qu’ils et elles y étaient bloqué-es par des véhicules et d’autres policiers anti-émeute, ordre de se disperser en direction d’une route bloquée par l’anti-émeute, ordre donné à une foule de se disperser suivi du matraquage des gens qui se dispersent- les exemples sont légion. Qu’il n’y ait eu aucun décès accidentel au travers de toute cette violence demeurera un des grands mystères du printemps 2012 pour ceux et celles qui l’ont vécu de près.

 

Nos étudiant-es et leurs allié-es ne sont pas des citoyens et des citoyennes de second ordre. Ils et elles méritent que leurs droits soient respectés,  et que les forces policières se conduisent envers eux et elles comme elles doivent se conduire envers tout le monde, tel que le stipule leur code de déontologie. Ceci, de manière généralisée, ne s’est pas produit au printemps passé, ceci ne se produit toujours pas actuellement, et nous n’avons aucune raison de croire que ceci se produira dans le futur sans un geste politique fort visant à comprendre ce qui s’est passé, à déterminer la responsabilité des gens en cause (incluant la responsabilité des acteurs d’ordre politique), à réparer les torts causés aux personnes victimes d’abus des forces policières et à s’assurer de mettre en place tant les bonnes personnes que les bons mécanismes afin que tout ce qui est humainement possible soit mis en œuvre pour que ces comportements ne se reproduisent plus à l’avenir. Nous espérons par ailleurs que les groupes sociaux (jeunes des quartiers défavorisés, itinérants, autochtones, « marginaux ») dont les droits fondamentaux sont incessamment bafoués auront moins à craindre des forces policières à la suite d’un tel processus.

 

Pour toutes ces raisons, les Profs contre la hausse joignent aujourd’hui leur voix à celle de dizaines d’autres organismes afin de réclamer la tenue d’une enquête publique et indépendante sur les opérations policières durant la grève de 2012. Ils et elles souhaiteraient également que soit évaluée la possibilité de créer une instance indépendante et civile permanente de surveillance des opérations policières.

Catégorie: Communiqués

Journées de l’éducation

JOURNÉES DE L’ÉDUCATION

Organisées par le réseau des Profs contre la hausse

Vendredi soir et samedi 26 et 27 octobre 2012

Pavillon J.A. De Sève, UQÀM – DS-R510 (320 Sainte-Catherine est)

 

L’ÉDUCATION POUR FAIRE SOCIÉTÉ

Au cours de la grève étudiante, deux conceptions du système d’éducation se sont affrontées. D’un côté, une conception néolibérale, qui voit dans l’éducation un bien privé, procurant des avantages symboliques et matériels aux individus qui poursuivent des études, foncièrement utilitaires puisque l’éducation permet de contribuer à la création de richesse par le biais de l’occupation d’un emploi, soit un « investissement » qui profite d’abord et avant tout à l’agent individuel. De l’autre, une conception citoyenne, qui voit dans l’éducation un service public, permettant de construire de la solidarité sociale et intergénérationnelle, bénéficiant à l’ensemble de la société et permettant de s’inscrire à la fois sur le marché du travail et dans l’activité citoyenne. On voit bien ce que les deux conceptions ont d’incompatible. C’est pourquoi nous voulons réfléchir à ce qui, dans l’éducation, permet de (re)faire société.

 

Vendredi 26 octobre à 19h00

Conférence d’ouverture : Quel projet éducatif pour le Québec ?

Martine Desjardins et Guy Rocher

Dans les années 1960, le Québec a su démocratiser l’éducation. Cinquante ans plus tard, comment le Québec a-t-il dévié de cette démocratisation ? Pourquoi et comment y revenir ?

Présidée par : Diane Lamoureux

 

Samedi matin :

9h00 – Table ronde animée par Lynda Champagne

L’éducation, un enjeu civilisationnel ou les dérives technicistes

Depuis les années 1990, l’économie du savoir et l’idéologie néolibérale ont inévitablement marqué le monde de l’éducation. Cette marque est perceptible par le changement des termes utilisés : les étudiants sont devenus des clients, les profs des ressources humaines, les cours des services, le savoir un produit, l’évaluation une méthode de contrôle de la qualité et une grève étudiante … un boycott ! L’éducation est désormais soumise aux diktats économiques de productivité, de rentabilité et d’efficacité. À titre d’exemples, le projet éducatif d’une institution se noie dans un plan stratégique avec des objectifs à atteindre en cinq ans. Des savoirs utilitaires et pointus grugent la place accordée à une culture humaniste et générale. Les connaissances sont valorisées au plan marchand par l’octroi de droits de propriété sur des savoirs. La recherche fondamentale se réduit comme une peau de chagrin au profit d’une recherche soumise au rapport coûts et bénéfices. La carte des programmes d’études se transforme en fonction des besoins du marché du travail. Bref, les institutions collégiales et universitaires, devenant des entreprises à gérer, peuvent-elles encore être des lieux autonomes et libres de production et de transmission des connaissances ?

Quatre interventions :

  1. Isabelle Bouchard, professeure de philosophie au cégep de Jonquière et membre du comité école et société de la FNEEQ. Les dangers d’assujettissement de programmes techniques au marché du travail.
  2. Gilles Gagné, professeur titulaire, département de sociologie, Université Laval. Du professionnalisme à l’exécution surveillée.
  3. Marianne Kempeneers, professeure titulaire, département de sociologie, Université de Montréal. Carrière professorale et mission universitaire, les contradictions.
  4. Hervé Philippe, professeur titulaire, Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive, Département de Biochimie – Université de Montréal. La recherche scientifique : pour quoi, pour qui et comment ?

 

10h15 – Travail en ateliers : Voir feuillet descriptif des ateliers

 

Samedi après-midi :

13h30 – Table ronde animée par Isabelle Baez

Une éducation non marchande est possible ou comment sortir des dérives économicistes ?

Une vision économiciste, néolibérale, marchande de l’éducation par des logiques gestionnaire, managériale et de rentabilité individuelle a remplacé, depuis plus d’un quart de siècle, une vision humaniste et publique de l’éducation. À partir d’une réflexion sur l’accessibilité, la gestion des fonds publics en général et de l’éducation en particulier ainsi que sur la privatisation de l’éducation à tous les niveaux (du primaire à l’université, de l’enseignement et de la recherche) comment peut-on envisager une éducation non marchande ? Comme le mentionne Gilles Gagné, peut-on faire durer l’idée de «transformer un peu chaque jour l’inégalité face au savoir en égalité dans le savoir» ? Ce débat ne peut se faire sans évoquer les questions de répartition des richesses, de la gratuité scolaire et d’endettement étudiant versus le financement public.

Quatre interventions

  1. Gabriel Nadeau-Dubois, ex-co-porte-parole de la CLASSE, Les frais de scolarité et la dynamique de privatisation des universités
  2. Julia Posca de l’IRIS. La CREPUQ face à la communauté universitaire : le désaveu des recteurs
  3. Thérèse St-Gelais, département d’histoire de l’art, UQAM, Recherche, création et marchandisation
  4. Claude Vaillancourt, professeur de littérature au Collège André-Grasset, écrivain, membre du comité école et société de la FNEEQ et président de ATTAC-Québec. Éducation : quelques grands projets de marchandisation et les moyens de les combattre.

14h30 – Travail en ateliers : Voir feuillet descriptif des ateliers

 

16h30 – Plénière – Synthèse des ateliers animée par Rafaëlle Sinave et Yasmine Charara

Une plénière permettra de faire une synthèse de ces premières journées de l’éducation.  Enfin, nous  poursuivrons la réflexion avec le comité de rédaction du journal Ceci n’est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse composé de Benoit Guilmain, Anne-Marie Le Saux et Stéphane Thellen, afin de faire le pont entre ces journées d’études et les actions à plus long terme du réseau Profs contre la hausse.

18h00 – Apéro

Catégorie: Communiqués