LA GUERRE QU’ON NOUS FAIT

Crédit photo: M'sieur zen

Crédit photo: M’sieur Zen

Chers amis, chères amies, connu-e-s ou inconnu-e-s,

Notre texte ne vise pas à récolter des signatures dont le nombre et la notoriété relative de certain-e-s auraient pour fonction de donner de l’importance à cette parole collective. En ces temps où le tout-sécuritaire marginalise toute contestation, nous faisons le pari de l’anonymat comme force capable d’impacts éventuels. Votre implication reste toutefois essentielle pour la diffusion du texte et de ses idées. Donnez-lui de la visibilité et cette visibilité sera un nouveau travail collectif qui montrera que, derrière ce texte, nous sommes nombreux et nombreuses. Si l’analyse que vous y trouverez vous semble juste, si vous êtes capables de passer pardessus quelques maladresses, métaphores ou changements de registre que vous auriez évités, alors devenez un des relais dont a besoin, pas seulement ce petit texte, mais toute la force contre-hégémonique qu’il nous faut construire, pas à pas, contre la machine qui nous fait la guerre. Et n’attendons plus qu’on nous organise : faisons-le nous-mêmes là où nous le pouvons avec les moyens qui sont les nôtres, à saisir ou à inventer ! Ce manifeste est une contribution en ce sens.

Contact : manifestedeprofs@riseup.net

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LA GUERRE QU’ON NOUS FAIT
Manifeste de profs contre tout ce qui vient avec l’austérité

 

Nous refusons l’appauvrissement humain, social, politique et intellectuel que l’offensive antisociale appelée austérité fait subir au monde, lui donnant ce visage patibulaire, cynique, servile, tout juste navré, médiocre, un brin sadique.

Cette offensive menée pour satisfaire les intérêts des élites économiques vise à soumettre, secteur par secteur, les personnes et les choses au règne contraignant de la marchandisation et du profit tout-puissant.

Depuis longtemps mise en œuvre, cette révolution conservatrice est avant tout une guerre menée contre les mécanismes collectifs de redistribution des richesses, de mise en commun des ressources pour faire face aux aléas de la vie. Même imparfaits, même incomplets, les services publics sont les arrangements minimaux de solidarité qui témoignent d’un souci collectif pour une vie juste. Et pour défendre cela nous sommes prêts à nous battre.

Dans notre domaine, celui de l’éducation, une telle révolution procède par l’instrumentalisation des savoirs, de l’enseignement et de la recherche, arrimés de plus en plus entièrement aux seules exigences toxiques, mortifères, de l’accumulation et de l’optimisation.  L’introduction, en force et partout, de techniques et mesures managériales, adossées au grand calcul néolibéral, ratatine l’éducation comme système et comme geste. Loin de cet appauvrissement, l’éducation que nous défendons consiste à soutenir l’aventure des esprits en train d’apprendre et d’interroger les réalités, et à assumer avec eux toute l’intensité affective et intellectuelle qu’elle engage.

Cette offensive généralisée s’attaque aux ressources et aux pouvoirs qui constituent nos milieux. Comme acteurs et actrices du monde de l’éducation (et nos camarades de la santé et des services sociaux en savent aussi quelque chose), nous ne cessons de constater les multiples atteintes aux temps et espaces où s’exercent notre autonomie professionnelle et notre collégialité.  L’exercice de notre responsabilité se rétrécit à mesure que croît une bureaucratie managériale et ses instances de contrôle infantilisantes sous couvert de reddition de comptes débiles.

Dans la société tout entière, c’est l’ensemble des formes de l’action collective que l’austérité prend pour cible. L’action syndicale, autonome ou directe, la grève, les pratiques politiques contre-hégémoniques, hors de la scène parlementaire, sont de plus en plus marginalisées, criminalisées, suspectées (de radicalité notamment), méprisées, réprimées au nom de la protection d’un ordre des choses naturalisé, scellé, poli et policier, placé hors d’atteinte derrière des vitrines qu’on ne pourrait que lécher.

Cette neutralisation de notre capacité d’action participe d’un dispositif de dépolitisation qui tente de nous faire prendre pour des nécessités des décisions politiques. Cette affaire-là n’est pas banale.  Elle fait violence, symboliquement et effectivement, aux conditions mêmes du commun et de toute communauté : la politique, et son cœur, la conflictualité. La révolution dont l’austérité est le visage confine la politique à un terrain neutralisé, procéduralisé. Reste la forme aseptisée et infiniment appauvrie d’un système incarné par ses politiques professionnel-le-s.

Cette violence a ceci d’insidieux qu’elle impose les termes mêmes du débat par lequel nous essayons de la déplier pour nous en défendre.  Elle soumet le sens des mots à sa seule autorité et nous tire par la langue sur son terrain marketing où seule prévaut la relation de l’approvisionnement commercial. Même quand on prétend le protéger, le citoyen n’est qu’un « client ». S’efface dès lors la portée politique de ses exigences. Si le mot chien n’a jamais mordu personne, la langue du pouvoir, au contraire, performe directement une guerre contre cette autre richesse mise à mal : les idées et les langages servant à dire la complexité du monde.

L’austérité est donc un appauvrissement intérieur, où dominent la crainte des sanctions et la faim des récompenses, le stress et l’insécurité sociale, la peur de l’avenir et la peur de l’autre, peur bleue – peur rouge – peur blanche.  État d’esprit assiégé, redoutable producteur d’impuissance et de docilité. Les êtres par lui créés seront faits sur mesure pour un système libéral-paternaliste. Un système où les formes mêmes de notre présence au monde sont captives, où l’audace, la création et l’invention voient détournées leurs forces éruptives au profit de la rengaine plate de l’innovation.

Ne reste alors qu’à devenir un bon entrepreneur de soi, à mesurer la valeur de sa vie à l’aune de ses biens, de ses placements et de ses investissements, à voir en l’autre au mieux un partenaire, au pire un compétiteur dans l’infernale roue de fortune néolibérale.

Également compromise avec la violence faite aux territoires et à leurs composantes naturelles, l’austérité est la face coupante d’un abandon de la richesse commune de notre géographie à des projets de transport et d’extraction (de pétrole notamment) écocidaires, autant de désastres toujours déjà là et que rien ne pourra réparer. Pour le néolibéral austère comme pour l’homme blanc dont parlait le chef Seattle il y a plus d’un siècle et demi, la terre est un ennemi à piller ; lorsqu’il l’a conquise et exploitée, il va plus loin ; il l’enlève à ses enfants et cela ne le tracasse pas ; son appétit la dévore et ne laisse derrière lui qu’un désert.

En fait, c’est l’ensemble du territoire humain et social, et tout ce qui fait la valeur de la vie, sa véritable richesse, c’est tout cela qui est ainsi traité comme un corps malade à assainir, un budget à compresser. Et puis des ruines, d’où l’on tire les diamants noirs des millionnaires s’adonnant à l’évasion et l’évitement fiscaux.

La charge dont austérité est le nom euphémisé, c’est la capture de nos existences par le travail, toujours plus de travail, qui consume le cœur de nos vies et le temps de nos meilleures années. Elle vole les jours que nous ne passerons pas à vivre, à bien vivre ensemble, à prendre soin les uns des autres, à aimer, à discuter, à mettre bout à bout nos solitudes, à inventer des manières nouvelles de faire, de dire, de fabriquer, de penser.

La guerre qu’on nous fait se réfracte dans tous les espaces de nos vies. Elle plie nos rythmes et notre quotidien, ses gestes et ses heures, à ses obligations. Elle nous frappe toutes et tous, nous sépare des territoires communs que nous essayons d’habiter pour les ouvrir aux dispositifs de l’extraction pour le profit privatisé.

Nous refusons les névroses du tout-marchandise et son angoisse sociale.
Nous refusons le peu où on nous réduit.
Nous refusons notre réification triple de contribuable-consommateur-majorité silencieuse.
Nous refusons la grande honte de vouloir la vie bonne pour toutes et tous.
Nous nous organisons.
C’est ici que croît la rose, c’est ici que nous dansons !

Catégorie: Collectifs, Non classé, Pétitions et lettres ouvertes

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Catégorie: Événement, photos

Rouge comme un printemps au collège Lionel-Groulx

Au collège Lionel-Groulx, 5500 étudiants membres de l’AGEECLG étaient en grève illimitée du 1er mars au 15 août 2012. À la suite du dépôt de deux injonctions impliquant presque 400 signataires, le 15 mai 2012, la Sûreté du Québec force la ligne de piquetage et procède à des arrestations.

Photo de Pierre Robert

Un an après le printemps qu’a connu le Québec, la communauté du collège Lionel-Groulx, touchée de plein fouet par les événements, offre une tribune à l’expression et à la parole d’étudiants, de professeurs, d’essayistes, d’auteurs, d’artistes et du public.
C’est un de ces lieux, ouvert et libéré de censure, que sera le collège Lionel-Groulx les 15 et 16 mai 2013.

Le mercredi 15 mai, dès 17 heures, dans le hall d’entrée du collège, au 100 rue Duquet, l’événement s’ouvrira avec le vernissage d’une exposition de photographies de Luc Jardon, de Sylvie Béland, d’étudiants et de professeurs du collège, mais aussi avec la projection de vidéos, entre autres celle de l’artiste Édith Brunette et avec l’exposition des planches d’une bande dessinée de Philippe Couture.

Une conférence de Marie-Ève Charron (critique d’art et enseignante) sur l’art et le printemps québécois suivra, ainsi qu’une présentation d’un projet vidéo d’étudiants finissants en sciences humaines (ponctuée d’entrevues avec Alain Denault, Maxime Ouellet et Gilles Gagné).

À 20 heures, au Kafé étudiant (D-029), des étudiants, des professeurs du collège et des invités parmi lesquels Djemila Benhabib (auteure), Isabelle Baez (auteure et chargée de cours à l’UQAM), Jean Barbe (auteur) et Gabriel Nadeau-Dubois (ancien porte-parole de la CLASSE, diplômé de l’UQAM en histoire, culture et société et étudiant en philosophie à l’Université de Montréal) ont été conviés à partager leur regard sur ce printemps, les échos qu’il a suscités et ses lendemains.
L’artiste Sophie Castonguay y offrira également une performance participative : « Prêter l’oreille II ; le chœur en colère ».

Le jeudi 16 mai à 17 heures, au Carrefour étudiant du collège, Charles Bellerose et son groupe donneront un spectacle de jazz, puis à 18 heures, une table ronde réunira entre autres Christian Nadeau (professeur en philosophie à l’Université de Montréal), Mathieu Bock-Côté (essayiste) et Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste pour le quotidien Le Devoir).
Cette table ronde sera suivie d’un débat ouvert au public sur le thème « Les lendemains d’un printemps ».

Au plaisir de vous y rencontrer et d’échanger avec vous,

Les professeurs organisateurs de l’événement
Pierre Robert
Stéphane Chalifour
Judith Trudeau
Isabelle Billaud
Claire Portelance
Nathalie Larouche
Murielle Chapuis
Nathalie Miljour

evenement-facebook-fr

 

 

Mercredi 15 mai

17 h    Hall d’entrée Duquet : Exposition de photos (Sylvie Béland, Luc Jardon), d’une bande dessinée (Philippe Couture) et projection de vidéos (Édith Brunette).

19 h    Local D-107 : Conférence sur l’art et le printemps québécois (Marie-Ève Charron).

20 h    Kafé étudiant : Performance participative (Sophie Castonguay) et prise de paroles d’étudiants (Christopher Gyorffy, Amélie Poulin-Brière, Jean-Michel Patenaude-Girard, Simon Girard, Nicolas Guindon), de professeurs (Sébastien St-Onge, Claudine Vachon, Michel Milot, Zarko Bélanger-Lauzon) et d’invités (Djemila Benhabib, Isabelle Baez, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean Barbe).

Jeudi 16 mai 

17 h    Carrefour étudiant : Jazz avec le groupe Zulum (Charles Bellerose).

18 h    Carrefour étudiant : Table ronde « Les lendemains d’un printemps » animée par Sébastien Gendron avec Marie-Andrée Chouinard, Mathieu Bock-Côté et Christian Nadeau.

21 h    Carrefour étudiant : Projection d’une vidéo contenant des entrevues de Gilles Gagné, Alain Deneault et Maxime Ouellet (Julien McNicoll et Émilie Binette).

 

* 100, rue Duquet, Sainte-Thérèse, J7E 3G6

https://maps.google.ca/maps?client=safari&q=100+rue+duquet+googlemap&oe=UTF-8&ie=UTF-8&hl=fr

Catégorie: Événement, Non classé

D’un printemps à l’autre

 

« D’un printemps à l’autre »

Du 15 au 19 avril 2013

Le comité organisateur de la septième édition de la Semaine de la citoyenneté au Cégep du Vieux Montréal vous invite chaleureusement à prendre part à cet événement qui portera sur le Printemps érable.

Conférences, tables rondes, projections de films, performances, spectacles et exposition vous donneront l’occasion de revenir sur ce moment marquant afin d’en examiner les différentes facettes.

Le traitement médiatique de la grève, les manifestations artistiques nombreuses et variées, le devoir de réserve des professeurs, la liberté d’expression et la désobéissance civile sont quelques-uns des sujets qui seront abordés au cours de cette semaine thématique.

Cliquez ici pour obtenir la programmation complète de la Semaine de la citoyenneté 2013.

Aline Baillargeon, Xavier Brouillette,  Nathaly Ledoux,  Michèle St-Denis et Stéphane Thellen

Catégorie: Événement, Non classé

Déclaration de la Base face au Sommet

Déclaration de la Base face au Sommet

À l’initiative des Profs contre la hausse

 

Nous sommes du nombre de ceux et celles qui ont pris part, à notre façon, au débat public ouvert par le Printemps érable. Ce débat a eu lieu tant au sein d’organisations déjà existantes que de collectifs qui ont vu le jour à cette occasion.

Encore aujourd’hui, nous avons la conviction qu’un tel débat a eu lieu parce que la grève générale illimitée des étudiantes et étudiants et tout le mouvement populaire qui l’a accompagnée ont ouvert et imposé un véritable espace politique de réflexion, de débat et d’action. Un vent d’espoir, de mobilisation et de création a balayé le Québec. De nombreuses expériences d’autonomie et de démocratie ont pu se développer, que ce soit dans les assemblées générales étudiantes, les collectifs d’action, les assemblées populaires et autonomes de quartier. Les intelligences citoyennes se sont exprimées et des liens de solidarité se sont tissés à travers le désir d’imaginer l’avenir plutôt que de gérer le présent. Cinquante ans après le rapport Parent, toute une frange de la société s’est réapproprié le projet qui vise à faire société à travers l’éducation.

Comment traduire la vitalité de ces échanges et la créativité de l’action collective dans un Sommet rendu nécessaire pour répondre au mouvement, mais qui ne vise au fond qu’à l’enterrer et à le faire disparaître de nos mémoires? Comment se satisfaire d’un tel ersatz de débat public alors que l’enjeu est complexe et aurait nécessité une autre arène de discussion? Au printemps dernier, nous parlions d’une éducation accessible, publique et de qualité, nous interrogions son rôle et ses fondements. Aujourd’hui le gouvernement ne peut que reprendre le discours du gouvernement précédent et poursuivre sa politique de coupures budgétaires aveugles. Il nous abreuve d’un raisonnement comptable qui se réduit à chercher des moyens pour positionner le Québec dans l’économie du savoir.

Encore une fois, le Parti québécois sort la recette du Sommet pour clore le débat et faire taire la parole citoyenne. Plutôt qu’à un débat public, nous assistons à une entreprise pas très réussie de relations publiques. Comment transformer la générosité, l’audace, l’inventivité, le courage et l’envergure d’analyse du printemps érable en colonnes de chiffres et en une vision affairiste de la gouvernance universitaire? Aujourd’hui, comme l’année dernière, deux visions de l’éducation et de la société se confrontent, mais l’une occupe tout l’espace institutionnel et médiatique alors que l’autre est occultée.

Nous estimons important de poursuivre nos réflexions et nos mobilisations. Face aux visions marchandes et utilitaristes que soutient le gouvernement,  nous voulons réaffirmer la nécessité d’une vision humaniste et démocratique de l’éducation. Une brèche a été créée par le Printemps érable dans le credo néolibéral. Nous voulons la maintenir ouverte et même l’élargir. Aujourd’hui, nous devons retourner dans la rue pour défendre notre conception de l’éducation mais aussi pour signifier que maintenant, comme l’année dernière, nous aspirons à une autre façon d’organiser notre vie collective.

Listes des organismes appuyant cette déclaration:

99%Média
A bâbord!
Action travail des femmes du Québec
Alliance féministe pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe
Alternatives
ARTUNG
Assemblée populaire et autonome de Montréal
Assemblée populaire et autonome de quartier – Hochelaga Maisonneuve
Assemblée populaire et autonome de quartier – Plateau
Assemblée populaire et autonome de quartier – Villeray
Association pour une solidarité syndicale étudiante
Centre des femmes d’ici et d’ailleurs
Comité logement Rive-Sud
Convergence des luttes anticapitalistes
Collectif d’auteures « Les femmes changent la lutte »
Collectif éducation sans frontières de Montréal
Collectif féministe Les Sorcières
Le Couac!
CUTV
Écosociété
Équipe de Relais-femmes
Fédération des femmes du Québec
FRAPRU
GAPPA
G.R.O.S. Groupe de recherche en objectivité sociale
Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme
Hybris, théâtre
Infirmières contre la hausse
La pointe libertaire
Le 22 on ferme!
Les Alter Citoyens
L’R des Centres de femmes
Lux éditeur
Maille à part
Mères en colère et solidaires
M.O.U.S.T.A.C.H.E.S
Nouveaux cahiers du socialisme
Parents contre la hausse
P!nk Bloc, Montréal
Politics & care
Presse-toi à gauche
Profs contre la hausse
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec
(Re)vivre dans la nuit
Les sardines, banc très compact
Têtes blanches, carré rouge

Catégorie: Communiqués

Une large Coalition de groupes sociaux en faveur de la gratuité scolaire – du primaire à l’université !

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, composée de 140 groupes communautaires, syndicaux, féministes et populaires de différentes régions se positionne en faveur de la gratuité scolaire et se joindra à l’ASSÉ lors de la manifestation nationale du 26 février 2013 pour une éducation libre, accessible, et gratuite.

Réunis en assemblée générale le 6 février 2013, les groupes membres ont résolu à l’unanimité que la Coalition se positionne en faveur de la gratuité scolaire, du primaire à l’université. « Il y a une large adhésion à la perspective de gratuité scolaire au sein de nos organismes. Il est clair pour nos membres, qu’elles et ils soient des familles monoparentales, des locataires à modestes revenus, des personnes assistées sociales, des travailleuses à revenus moyens, que les frais sont un frein à l’accessibilité », affirme François Saillant du FRAPRU. « Pour les parents à faibles et modestes revenus, les frais de scolarité sont un facteur d’appauvrissement » rappelle-t-il. Depuis sa fondation, la Coalition milite en faveur de services publics accessibles et de qualité, dont fait partie l’éducation.

Pour un accès universel et gratuit à l’éducation
Selon la Coalition, le Québec doit faire le choix de la gratuité pour favoriser l’égalité des chances et mettre un frein à l’endettement étudiant qui atteint en moyenne $ 15 102 à la fin des études universitaires de premier cycle (1). Il faut rappeler que l’imposition de droits de scolarité représente une forme de discrimination sociale fondée sur la capacité financière des individus. « Si l’application des recommandations du rapport Parent dans les années 60 a permis au Québec de faire un bond en avant dans la démocratisation de son système d’éducation, il faut aujourd’hui compléter ses objectifs en rendant le système gratuit à tous les niveaux » affirme Jean Murdock, secrétaire général de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). Par ailleurs, la Coalition estime que toute proposition qui irait dans le sens d’une augmentation des droits de scolarité constituerait un choix socialement inacceptable et à l’opposé du principe d’égalité des chances.

Une analyse féministe contre la marchandisation de l’éducation
La Coalition rappelle par ailleurs que l’accessibilité de l’éducation est un moyen important pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes. « L’accès à l’éducation a eu et doit garder une fonction émancipatrice pour les femmes qui ont pu améliorer leurs conditions de vie » rappelle Angèle Laroche, présidente de l’R des centres de femmes du Québec, un des 140 groupes membres de la Coalition. Encore aujourd’hui, il existe au Québec des écarts économiques importants entre les femmes et les hommes (2). Par conséquent, le même frais chargé à une femme lui coûtera plus cher qu’à un homme, et ce, dans une proportion équivalente à l’écart économique qui les sépare. « Une façon de s’attaquer concrètement et efficacement à cette inégalité envers les femmes, serait de retirer l’ensemble des barrières tarifaires érigées entre les citoyennes et leurs droits sociaux : l’éducation, les services de santé et les services sociaux, le logement », affirme madame Laroche.

La gratuité se finance : près de 20 solutions fiscales et mesures de contrôle des finances publiques!
Pour la Coalition, le gouvernement fait fausse route en se privant d’étudier sérieusement la gratuité scolaire en prenant pour prétexte l’état des finances publiques. « Contrairement à ce qui est largement véhiculé, le Québec a les moyens de choisir la gratuité scolaire » affirme Caroline Toupin du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec rappelant que la Coalition a identifié près d’une vingtaine de solutions fiscales et mesures de contrôle des finances publiques. Ces mesures comprennent l’ajout de paliers d’imposition, l’abolition des crédits d’impôts sur les gains en capital, des mesures de contrôle des coûts des médicaments, et autres (3) et rapporteraient plusieurs milliards de dollars par année, alors qu’on évalue le coût de la gratuité scolaire à environ 700 millions de dollars. « C’est une question de choix politique que le gouvernement peut faire comme celui de 2007, quand l’État québécois s’est privé de 950 M$ de revenus pour accorder aux particuliers une baisse d’impôt qui a spécialement favorisé les mieux nantis», conclue Denis Létourneux de la Fédération autonome de l’enseignement.

PrésentEs en appui aux étudiantEs le 26 février prochain
Pour toutes ces raisons, les membres de la Coalition invitent la population à venir manifester aux côtés des étudiantEs pour une éducation libre, accessible, et gratuite le 26 février prochain, en marge du Sommet sur l’enseignement supérieur.

source: site de la FNEEQ

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  1. Selon les recherches faites par l’Institut de recherche et d’information socio-économique. http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf.
  2. En 2008, à l’échelle canadienne, les femmes gagnaient 71 % du revenu des hommes.
  3. http://www.nonauxhausses.org/affiches/alternatives-fiscales-justes-et-equitables-pour-les-finances-publiques/

Catégorie: Communiqués

Le Sommet de l’éducation supérieure : à chacun son camp de base

par Michel Seymour

Addendum au livre Une idée de l’université, pour ceux qui ont le temps de le lire.

Il y a un an, le gouvernement du Québec prétendait qu’il n’y avait aucun lien entre les droits de scolarité et l’accessibilité. Nous avions bien évidemment déjà plusieurs raisons de douter de cette affirmation, à commencer par le fait que le Gouvernement reconnaissait du même souffle la nécessité d’accompagner la hausse des droits de scolarité de mesures visant à améliorer les prêts et bourses. La question se posait alors de façon lancinante : pourquoi fallait-il améliorer les prêts et bourses, si ce n’était pas pour compenser l’impact négatif de la hausse sur l’accessibilité?

Mais voilà que les adversaires de la gratuité reconnaissent maintenant l’impact négatif des droits de scolarité sur l’accessibilité. Comme premier exemple de ce changement de cap, on peut rapporter les propos du recteur de l’U de M, M. Guy Breton, qui a un « pincement » quand il constate que seuls les plus riches parmi les étudiants ont accès aux études de médecine. Tiens donc! Dans l’état actuel des choses, les enfants de familles riches sont ceux qui ont le plus souvent accès aux programmes de médecine. Le recteur admet donc la présence quasi exclusive d’étudiants provenant de milieux aisés dans les classes de médecine !  «Si on voulait rendre ça accessible à tout le monde, on s’est trompé», a-t-il soutenu. On aurait alors envie de dire : retroussons nos manches et faisons en sorte de rendre les programmes de médecine accessibles à toutes les personnes compétentes. Mais non, M. Breton recommande paradoxalement des hausses modulées qui feraient en sorte que ça coûterait encore plus cher d’accéder à des études de médecine! Comme correctif à l’iniquité, il choisit d’introduire plus d’iniquité encore ! Lire la suite

Catégorie: Billets

Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société»

Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société»

Par Claire Fortier, Jean-Pascal Larin et Johanne Paquin

Profs au Collège Édouard-Montpetit à Longueuil

Décembre 2012

Les 26 et 27 octobre derniers eurent lieu à l’UQAM des Journées de l’éducation, sous le titre «L’éducation pour faire société», organisées par un comité issu du réseau Profs contre la hausse. Le programme détaillé est toujours disponible sur leur site[1]. Le présent bilan a pour but de faire ressortir les grandes orientations qui s’y sont dessinées lors de la conférence d’ouverture et des tables-rondes afin de poursuivre la réflexion sur le type d’éducation souhaité.

Télécharger Bilan des Journées de «L’éducation pour faire société» en PDF.

Organiser ces journées avec une douzaine de profs tant de cégeps que d’universités[2] fut une occasion rare et fort agréable de travailler entre collègues de ces deux niveaux d’études. L’expérience est à rééditer et l’appellation Journées de l’éducation démontre bien l’énergie qui nous anime toujours : l’espoir que ces journées deviennent récurrentes comme celles des Journées de la culture. Une affinité d’idées nous a vite permis de cibler les enjeux sur lesquels nous voulions réfléchir : les dérives marchandes du système de l’éducation actuel qui nuisent à un projet éducatif démocratique. Le titre de ces journées «L’éducation pour faire société» était une façon de lancer la réflexion sur l’importance du type d’éducation que nous souhaitons pour mieux vivre ensemble. Le présent bilan fait ressortir sept idées phares.

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Catégorie: Communiqués