Tag Archives: loi 78

Contre la loi 78

[NDLR: déclaration issue du récent congrès de la FNEEQ et s'opposant à la loi 12 (projet de loi 78).]

 Les personnes qui sont intéressées à ajouter leur nom à cette déclaration peuvent le faire en envoyant un message courriel à francis.lagace@csn.qc.ca. La date limite fixée pour recueillir les noms est ce vendredi, 15 juin.

Nous artistes, intellectuels et syndicalistes, nous levons pour dénoncer la loi 78 qui attaque les droits et libertés fondamentaux garantis par les Chartes canadienne et québécoise.

Nous constatons notamment que la liberté d’expression est bafouée par les limites intolérables imposées aux manifestations dans le temps, le nombre et l’espace; que la liberté de conscience est violée par la création du délit d’opinion; que la liberté d’association est menacée par des mesures sans précédent contre le droit de s’organiser.
L’article 30 de cette loi, en stipulant que « quiconque aide ou amène une autre personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction», ouvre la porte à toutes sortes d’interprétations, jusqu’aux plus farfelues, qui en viennent, au final, à laisser l’application de ladite loi au jugement arbitraire des policiers ou des directions d’établissements d’enseignement.

Un enseignant qui propose la lecture des Misérables de Victor Hugo, où l’on voit le peuple se soulever contre un gouvernement injuste, et suscite ce faisant l’exaltation d’un de ses élèves qui, contaminé par Gavroche, décide de descendre dans la rue, devient-il un contrevenant en vertu de la loi 78 ? Quelqu’un qui offre de l’eau aux gens qui brandissent des pancartes par grande chaleur est-il hors-la-loi ? Le professeur qui décide de ne pas punir l’élève gréviste à qui l’on enseigne l’implication citoyenne depuis son entrée à la maternelle, est-il coupable d’une infraction ? Qui déterminera à partir de quel moment l’acte de liberté d’expression devient prohibé ?

Non seulement cet article de loi est-il remarquable par l’absurde impossibilité d’une rigoureuse mise en application sans faire appel au jugement personnel — et donc subjectif — du détenteur de l’autorité, mais aussi ouvre-t-il la porte à la dangereuse logique de la dénonciation, selon laquelle celui qui, effrayé par les menaces d’amendes et se sentant menacé par tel voisin ou collègue exerçant simplement sa liberté d’expression, portera plainte à la police.
Lire la suite

Catégorie: Communiqués

(Radio-Canada) La loi 78 contestée deux fois plutôt qu’une devant les tribunaux

Léo Bureau-Blouin, Gabriel Nadeau-Dubois et Martine Desjardins

Des associations étudiantes, syndicales, communautaires et environnementales du Québec ont déposé deux requêtes visant à contester la loi spéciale 78, vendredi, au palais de justice de Montréal.

Il s’agit d’une requête en sursis d’exécution, qui vise à empêcher la mise en application de la loi, et d’une requête en jugement déclaratoire et en nullité, qui vise à rendre inconstitutionnels certains aspects de la loi.

Les avocats des associations impliquées argueront que la loi spéciale brime les libertés fondamentales, dont le droit d’association, le droit à la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement, et que les peines qu’elle prévoit sont cruelles.

La requête en sursis d’exécution devrait être entendue mercredi prochain, selon le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. L’autre serait plutôt entendue au début du mois de juin.

Le directeur général de la clinique Juripop, Marc-Antoine Cloutier, précise que la première requête vise à faire suspendre la loi avant que la requête en nullité soit entendue.

Catégorie: Presse

Le SPUQ condamne la loi spéciale, demande le respect de la grève et soutient les profs l’UQO

[NDLR: Diffusion de trois propositions adoptées à l'unanimité  lors de l'Assemblée générale du Syndicat des professeurs
et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) 2011-2012, le 22 mai 2012. Extraits du procès-verbal. Vous pouvez télécharger ici les documents en PDF.]

Condamnation de la loi spéciale no 78 et soutien à la requête en nullité

Proposition du Comité exécutif

ATTENDU              la Charte des droits et libertés de la personne du Québec qui affirme que toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association;

ATTENDU              la Charte canadienne des droits et libertés qui garantit les libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de pensée, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association;

ATTENDU              que la loi spéciale no 78 attaque ces libertés fondamentales, contrevient aux chartes des droits et libertés et accorde des pouvoirs indus à la ministre de l’Éducation, au gouvernement et aux directions d’établissement;

ATTENDU              la préparation d’une requête en nullité de la loi spéciale no 78 soutenue par les associations étudiantes et les organisations syndicales;

ATTENDU              l’appui de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) à la loi spéciale;

Lire la suite

Catégorie: Communiqués, Documentation

Déclaration du 19 mai 2012

Contre la globalisation de l’endettement, contre la globalisation de la peur : nous refusons de nous taire devant la barbarie marchande malgré la loi spéciale

La Presse publie des « sondages » bidons pour dire que seulement 9% de la population considère que les enseignants doivent appuyer les étudiant-e-s en grève. On nous dit que les professeur-e-s doivent être neutres dans le conflit qui déchire notre société. Cela n’est pas sans rappeler le banlieusard aliéné de la pièce de Claude Meunier Les voisins qui s’exclame : « Y’a tu moyen qu’un jour, il ne se passe rien? ». Il faudrait oublier la grève étudiante, « passer à autre chose », c’est-à-dire à rien. Et le gouvernement s’en assure avec une loi qui interdit de penser et de parler.

Catégorie: Billets, Collectifs

Un professeur indigné

Nicolas Bourdon -Monsieur Charest, lorsqu’on lit votre projet de loi, on est surpris, on écarquille les yeux, on se dit qu’on rêve et puis, ensuite, quand on analyse votre attitude depuis le début du conflit, on se dit : « Hé bien, oui, ça devait arriver. » Vous n’avez jamais accordé une grande importance aux étudiants.Pendant la crise, vous avez préféré voyager au Brésil et joué avec votre joujou préféré, votre obsession personnelle : le plan Nord. Le mouvement étudiant ? Hé bien, il s’essoufflera de lui-même sinon, c’est tout simple, les tribunaux s’en occuperont. Dès la mi-avril, Line Beauchamp, ex-ministre de l’Éducation, a encouragé le recours aux injonctions pour contrer les votes de grève qui avaient été pris dans les cégeps et les universités. S’il faut absolument se souvenir d’une chose, une seule chose, de cette crise : c’est l’infime nombre d’heures que votre gouvernement a consacrées à la négociation; on ne peut pas laisser pourrir une chose et ensuite s’étonner qu’elle pourrisse. Et maintenant, pour couronner le tout, cette loi spéciale inique… Une loi spéciale improvisée et adoptée sous bâillon, une procédure qui limite grandement les débats à l’Assemblée nationale. Une loi qui jette de l’huile sur le feu, alors que nous souhaitons tous ardemment que le conflit se règle sans violence. Lire la suite

Catégorie: Billets

Résister à la loi 78 en 15 points

Par Daniel Weinstock – Devant la nouvelle noirceur qui s’abat sur le Québec, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de tenter de résumer aussi simplement que possible les raisons qui me font penser qu’il faut résister à la loi 78.

  1. Les droits individuels sont un rempart institutionnel fondamental protégeant les citoyens contre les abus de pouvoir de l’État.
  2. Même des représentant élus démocratiquement peuvent abuser de leurs pouvoirs.
  3. En démocratie, les droits de s’associer, de s’exprimer, de protester, revêtent un caractère tout à fait fondamental.
  4. Ces droits doivent être reconnus à tous, surtout à ceux qui défendent dans le respect des normes démocratiques et libérales des points de vue dissidents et impopulaires.
  5. Le caractère fondamental de ces droits fait qu’ils ne peuvent être circonscrits qu’avec la plus grande parcimonie.
  6. La situation actuelle au Québec n’appelle pas une limitation aussi draconienne que celle qui a été posée par le gouvernement du Parti Libéral par son odieuse et honteuse Loi 78. Le gouvernement par son refus d’engagement démocratique avec le mouvement étudiant a contribué à la dégradation du climat social. Les dérives qui se font sentir dans ce climat, engendré en partie par le gouvernement, peuvent par ailleurs être régies par les dispositifs juridiques existant, dont ceux du code criminel.
  7. Que l’on soit d’accord avec eux ou pas sur la question de la hausse des frais, les étudiants posent des questions qui sont légitimes, et qui méritent une réponse respectueuse.
  8. Ils n’ont reçu pour réponses de la part du gouvernement que mépris, bastonnades, injonctions, et maintenant, répression.
  9. Les tribunaux sont chargés de faire respecter les droits des citoyens contre les dérives autoritaires des gouvernements. On peut penser qu’ils ne feront qu’une bouchée de la loi 78.
  10. Les tribunaux ne peuvent cependant pas être les seuls remparts contre les abus de pouvoir et les dérives autoritaires des gouvernements. Les contestations juridiques sont longues et coûteuses, et les lois liberticides peuvent causer beaucoup de dégats avant qu’elles ne soient annulées par les tribunaux.
  11. Il faut également que les représentants démocratiquement élus, par delà leurs loyautés partisanes, s’érigent en défenseurs des principes et des institutions les plus fondamentaux de la démocratie, et refusent de voter des lois liberticides.
  12. Il faut également des citoyens qui sont disposés à user de leurs droits civils et démocratiques. Sinon, ces droits ne sont plus que des paroles creuses. Nous devons savoir gré au mouvement étudiant d’avoir été à la hauteur de cette responsabilité citoyenne.
  13. Il s’agit d’une conception bien anémique de la démocratie que celle selon laquelle ce n’est qu’au moment de voter tous les 4 ans que l’on exerce des droits démocratiques, la responsabilité du citoyen à tout autre moment n’étant que d’obéir. Cela ressemble plutôt à la « douce tyrannie » dont parlait Tocqueville. Or, c’est cette conception de la démocratie qui semble être mise de l’avant par ceux — chroniqueurs, politiciens — qui défendent cette odieuse loi.
  14. Il est souvent arrivé, dans l’histoire récente, que des limitations importantes de droits individuels imposées au nom de l’ordre public aient initialement été applaudies par une majorité de la population des États concernés. Ces populations ont vite appris que les droits ne sont gagnés qu’au terme de longues luttes, mais ils peuvent être perdus en un clin d’oeil. Et une fois perdus, ils le sont pour TOUS les citoyens.
  15. La désobéissance civile est parfois apparue dans de tels contextes comme un puissant instrument de contestation. Elle a été théorisée par des philosophes aussi importants pour la tradition de la démocratie libérale que le sont Thoreau et Rawls, et elle a été mise en oeuvre par Martin Luther King et par Gandhi, pour ne nommer qu’eux.

Daniel Weinstock est professeur de philosophie à l’Université de Montréal.

Catégorie: Billets

(La Presse) Loi spéciale: la réplique juridique s’organise

La contestation juridique de la loi spéciale adoptée hier en fin d’après-midi par l’Assemblée nationale s’organise rapidement.

En quelque 28 heures, 150 000 internautes ont appuyé le déclenchement de poursuites contre le gouvernement du Québec pour tenter de faire annuler cette nouvelle loi. À l’initiative de la clinique juridique Juripop et des deux fédérations étudiantes, la pétition a été mise en ligne pendant le débat parlementaire sur la loi spéciale.

«On a pensé à en faire tous des requérants au dossier, mais on a eu une pensée pour notre système de justice», blague Marc-Antoine Cloutier, président de la clinique Juripop.

«Ça montre qu’une énorme partie de la population s’oppose à la loi adoptée hier.»

Une rencontre a d’ailleurs lieu ce samedi après-midi pour coordonner les efforts juridiques du mouvement étudiant, des syndicats et des groupes de défense des droits fondamentaux.

Et les plaignants ne manqueront pas de cerveaux: plus de cinq cents avocats auraient gracieusement offert leur aide à l’équipe juridique qui planche sur la poursuite, a indiqué M. Cloutier.

La suite:

http://www.ledevoir.com/societe/education/350533/rendez-vous-devant-les-tribunaux

Catégorie: Presse

Projet de loi 78 (loi 12): texte officiel

Le texte sanctionné le 18 mai 2012 du Projet de loi 78 (2012, ch. 12). Il s’agit du texte amendé et adopté par l’Assemblée Nationale.

Loi 12 (projet de loi 78) [PDF]

Catégorie: Communiqués, Documentation