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De la justice

Chers collègues,

Voici, spécialement en vue des élections, une première version du court métrage documentaire De la justice, tourné et monté avec un sentiment d’urgence qui ne nous a jamais quitté depuis le début de la crise étudiante. Prenant acte du fait que les événements des derniers mois, et surtout le thème fondamental de l’éducation, n’occupent qu’une place minime dans les débats pré-électoraux, nous avons senti le besoin de hâter le pas afin de faire entendre la voix d’étudiants et de professeurs ainsi que celle de tous ceux qui s’inquiètent de l’emprise grandissante de la sphère judiciaire sur la sphère politique

Mélanie Tardif, professeur de littérature au cégep de Saint-Laurent

 

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Julien Villeneuve s’adresse à la CLASSE

Chers étudiants luttant avec la CLASSE,
Chères étudiantes luttant avec la CLASSE,

Je m’appelle Julien, j’enseigne la philosophie et je suis pour la gratuité scolaire. Je fais partie de Profs contre la hausse, qui malgré son nom regroupe beaucoup de profs qui sont également pour la gratuité scolaire. On m’a demandé de vous dire c’est quoi Profs contre la hausse et pourquoi on vous appuie. Puisque j’ai seulement quelques minutes, je vais essayer de faire les deux en même temps.

Si j’avais à vous expliquer en une phrase et de la manière la plus scientifiquement exacte possible ce qu’est Profs contre la hausse, je dirais, « Profs contre la hausse c’est comme vous-autres mais en moins hot et avec des profs. » Je m’explique.

Profs contre la hausse est né du besoin des profs de se recontrer drette là, tous et toutes, de manière inter-syndicale pour ne pas dire para-syndicale pour ne pas dire presqu’extra-syndicale (dans le sens des grandes centrales, on s’entend), pour réfléchir (pas trop) et agir (le plus possible) en support à votre lutte. Je sais que je devrais dire notre lutte. J’y reviens plus tard.

À Profs contre la hausse, il n’y a pas de président ou de présidente, même pas de porte-parole à vrai dire en tout cas surtout pas moi, tout se fait en comité, de la manière la plus horizontale possible, et ensemble avec ceux et celles qui sont là on s’organise pour faire ce qu’on peut faire. Et ça marche, je dirais, assez bien. Avec l’aide financière et logistique des centrales, il faut le reconnaître et nous les en remercions sincèrement, nous avons organisé un journal, des pétitions, des déclarations publiques, des manifs, un geste d’éclat à l’Assemblée nationale, du piquetage de support aux blocages des CÉGEPS et des universités, des interventions en AG quand on nous l’a demandé, la Chaîne de Solidarité Profs-Étudiants, une tentative manquée de nous livrer au SPVM parce que nous prévoyions désobéir à la loi 12, et j’en passe pas mal.

On ne s’est jamais vraiment demandé entre nous pourquoi on s’organise comme ça, et pourquoi par cette organisation on fait ces choses-là. Mais s’il y a une réponse à cette question, c’est bien celle-ci: parce que vous êtes organisés pas mal comme ça, et parce que vous faites pas mal ces choses-là, ou pour être plus précis, parce que vous avez raison d’être organisés comme ça, et que vous avez raison de faire pas mal ces choses-là.

Vous avez raison parce que vous avez compris qu’une des choses les plus importantes au sein d’un mouvement social, c’est de s’assurer que nos moyens ne sont pas en contradiction avec nos objectifs. Qu’on n’arrivera jamais à une société libre, honnête et juste si on bûche pour s’y rendre dans des structures autoritaires, manipulatrices et qui préservent en leur sein les privilèges qu’elles prétendent combattre. C’est pareil dans les actions. Les gens qui ne nous comprennent pas ne comprennent pas qu’on ne puisse pas remettre un foutu trajet avant une manif de nuit parce qu’ils et elles ne comprennent pas que pour remettre un trajet d’avance, ça prend quelqu’un ou quelqu’une, ou quelques-uns ou quelques-unes qui le décident d’avance. Ça prend des gens qui décident et des gens qui suivent. Nous et vous, on veut que le plus grand nombre possible de gens qui auront à suivre décident aussi, parce qu’on sait qu’en passant par-là, même si des fois avouons-le c’est crissement chiant de passer par là, l’action sera leur action, le combat leur combat.

Il est impossible pour moi de vous exprimer à quel point j’aimerais vous dire que la lutte contre la hausse est le combat de Profs contre la hausse, mais je n’en suis pas capable. Bien que par Profs contre la hausse vos profs s’impliquent plus qu’ils et elles ne se sont jamais impliqués auparavant dans la défense de l’accessibilité à l’éducation supérieure, je crois que la chose honnête à vous dire reste que le combat de Profs contre la hausse est généralement encore aujourd’hui de supporter votre combat contre la hausse. C’est aussi un combat, faire ça, et c’est aussi contre la hausse, mais comme je vous l’avais dit, on n’est juste pas aussi « hots » que vous. En guise d’excuses, j’espère que vous comprenez à quel point mener même ce combat-là est pour nous une chose extrêmement ardue. Beaucoup parmi nos administrateurs, nos collègues, nos étudiants et nos étudiantes, les médias et la société civile en général pensent que lutter à vos côtés pour une éducation accessible n’est pas un comportement approprié pour un enseignant ou une enseignante.

On pourrait penser qu’ils et elles pensent que de lutter pour une éducation accessible n’est que l’affaire des étudiants et étudiantes, mais j’ai la conviction peut-être injustifiée qu’ils et elles ne sont pas assez stupides pour penser quelque chose d’aussi grotesque. S’ils et elles ne sont pas hypnotisés par le mirage de l’austérité sélective que sécrètent les translucides, ce qu’ils et elles pensent, au fond, c’est que vous ne luttez pas pour une éducation accessible. Vous ne luttez que pour réduire la facture d’un service dont vous bénéficiez et qui est sans grande utilité sociale dans leur sens de ce terme, c’est-à-dire sans grande utilité économique. Et effectivement, si c’était ça votre lutte, j’aurais certainement passé cinq mois à travailler sur ma thèse.

Ces gens ne peuvent donc pas comprendre que vous retardiez votre progression académique, que vous perdiez des opportunités d’emploi, que vous souffriez du manque de sommeil et de l’effort des longues marches, des coups de matraque et du poivre, que vous perdiez des organes, tabarnak, et risquiez d’être fichés, emprisonnés et de subir des amendes pouvant dépasser la hausse que vous combattez. Alors disons leur ensemble que s’ils ne le comprennent pas, c’est parce que c’est effectivement incompréhensible. On ne sacrifie pas tant pour du fric, on sacrifie tant pour un idéal, un rêve, un désir de vivre un jour dans une société à la hauteur de l’humanité à laquelle nous aspirons.

Votre lutte et d’autres devraient être menées de front, comme vous menez la vôtre, par tout être humain partageant le même idéal que vous, parce votre courage devrait être notre courage et que l’incarnation de cet idéal est ce que les êtres humains méritent- et nous sommes nombreux à lutter avec vous selon nos capacités, plus nombreux qu’on aurait pu le croire avant que vous nous ayez secoués de notre torpeur, mais peut-être encore pas assez, et peut-être encore avec pas assez de courage. Cela serait une raison de baisser les bras si ce n’était pas une mauvaise raison. La transformation de la société comme vous la voulez, une vraie transformation, par le bas et avec le peuple, et non d’en haut et malgré lui, est un combat quotidien d’éducation et de mobilisation populaire qui nécessite énormément de patience et d’empathie, et dont les effets tardent souvent à devenir manifestes.

Personne dans l’histoire récente du Québec n’a poussé aussi loin ce combat que vous. Personne n’a sacrifié collectivement autant que vous dans la poursuite d’une société plus juste parce que plus égalitaire. Nous, et je sais qu’ici je peux parler pour chaque Prof contre la hausse que j’ai eu le plaisir et le privilège de rencontrer en ces derniers mois, nous savons cela. Et c’est pour cette raison, et pour tout ce que vous nous avez appris, à nous les profs, que je vous prie d’accepter ce soir, en notre nom, ce témoignage inadéquat de notre respect et de notre amour infini.

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Solution en vue?: Très inquiets, les leaders étudiants cherchent un compromis

Antoine Robitaille, 5 mai 2012, Québec

Visiblement inquiets de la tournure violente des manifestations au conseil général du Parti libéral à Victoriaville, les quatre représentants étudiants ont interrompu leurs discussions avec les représentants gouvernementaux, peu avant 21 h hier soir, afin de lancer un appel senti au calme et afin d’indiquer qu’ils cherchaient une sortie de crise rapide.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a tenu à revenir sur « sur certaines actions qui ont eu lieu à Victoriaville aujourd’hui, des actions inacceptables, on parle de gens qui ont été blessés de violence volontaire envers des personnes ». M. Nadeau-Dubois a ajouté sans ambages : « Ce sont des actions que nous condamnons vertement, ça s’inscrit dans une escalade de la tension, une escalade de la confrontation qui est inacceptable, une escalade qui n’aide en rien à résoudre le conflit actuel. » Il a indiqué que la CLASSE souhaitait « retourner immédiatement autour de la table des discussions, nous croyons toujours au dialogue, nous allons y retourner immédiatement pour nous assurer d’en ressortir le plus rapidement possible avec une offre qui va satisfaire les étudiants et les étudiantes du Québec ».

(Suite.)

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Représentants étudiants à Tout le monde en parle

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Un climat pourri

Lise Payette, 27 avril 2012, Québec

Devant les proportions que prend l’affrontement qui oppose les étudiants du Québec au gouvernement Charest, alors que les suggestions de règlement venant de gens sérieux et respectés n’ont même pas été reçues et étudiées avec attention, quand l’opinion générale reconnaît le fait que nous sommes dans une impasse qui sera probablement historique, ne devrions-nous pas, en plus de réfléchir aux gestes qu’il faut poser dans l’immédiat, nous interroger sur ce qu’il faudrait faire pour que ça ne se reproduise jamais ?

Certains avancent qu’il faut exiger de nos représentants que les élections aient lieu à date fixe et que cette décision ne soit plus laissée à une seule personne, le premier ministre, qui peut user de ce privilège puissant selon son bon vouloir. Ce serait déjà un progrès dans l’exercice de la démocratie qui a tendance à diminuer comme peau de chagrin chaque fois qu’un parti politique s’attend à subir les foudres d’un vote que les citoyens finissent par voir comme leur seule arme contre les abus des autorités.

La suite sur Le Devoir.

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Hommage à la CLASSE

Publié le 26 avril par Blandine Parchemal (doctorante en philosophie à l’Université de Montréal)

Depuis le début de la grève, on ne compte plus le nombre de critiques adressées à la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Etudiante). Elle semble en effet être la cible adéquate de tous les démagogues, politiciens et autres penseurs conformistes qui voient en la CLASSE une organisation barbare qui va mettre le Québec en feu et à sang et troubler la tranquillité des Québécois.

Sur ce tout dernier point, il se pourrait en effet qu’ils n’aient pas tort… Cependant, n’est-ce pas bon parfois de se faire bousculer un peu nos présupposés ? N’est-ce pas bon en effet de se faire rappeler l’importance de l’éducation quant à la qualité de notre société ? De se faire rappeler des principes de justice sociale qu’on a eu tendance à oublier depuis longtemps ? Et surtout, de se faire rappeler qu’une démocratie a toujours besoin d’être critiquée afin de rester une véritable démocratie et non tomber dans une violence policière digne des époques les plus sombres de notre histoire? Lire la suite

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Discours prononcé par Yvan Perrier le samedi 14 avril lors de la manifestation de la CLASSE contre la tarification.

CherEs amiEs…

            Je veux d’abord et avant tout vous saluer et vous souhaiter la bienvenue à cette manifestation populaire ayant pour thème : « Pour un printemps québécois! »  C’est sans aucune hésitation que j’ai accepté l’invitation de votre association (l’Association pour une solidarité syndicale étudiante) à m’adresser à vous.  Vous menez un combat qui n’a rien d’archaïque.  Votre lutte est légitime et elle mérite d’être appuyée.  J’adhère sans réserve à votre cause et nous sommes plusieurs professeurEs du secondaire, du collégial et des universités à prendre position en faveur de votre mouvement contre la hausse des droits de scolarité à l’université. Si je souscris à votre lutte, c’est d’abord et avant tout au nom des principes de justice sociale qui m’animent.  Je ne souhaite pas que vous ayez à vous endetter pour vous épanouir intellectuellement.  L’endettement étudiant est une perspective peu enthousiasmante.  Elle doit être éliminée d’emblée.  Il n’y a que les banquiers et les usuriers qui salivent devant l’endettement étudiant.

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