NDLR: Maintenant que La Presse a fait une rétractation officielle et qu’il est clair que ces propos ont bien été formulés par Bernard Guay, haut fonctionnaire au ministère des affaires municipales, PCLH publie, pour fins d’archives, le « courrier du lecteur » de monsieur Guay. Vous pouvez également consulter la revue de presse à ce sujet.
Pour en finir avec les grèves étudiantes
Face aux grèves d’étudiants qui s’éternisent, il y a lieu de s’interroger. Sur le fond, la revendication d’un gel des frais de scolarité, voire de leur abolition, est irréaliste. L’éducation est peut-être un droit, mais elle est surtout un devoir (chacun doit développer ses talents pour mieux servir la société) et aussi un privilège, pour ceux à qui elle procure des revenus plus élevés. Dans ce contexte, il est parfaitement justifié de demander aux étudiants universitaires une contribution financière équivalente à celle qui est exigée ailleurs, en autant toutefois qu’on soit conséquent: si l’éducation est un investissement, l’étudiant doit avoir accès à du financement, donc à un régime de prêts et bourses adéquat.
L’état des finances publiques (les Québécois sont parmi les plus taxés et les plus endettés d’Amérique du Nord) fait en sorte qu’il ne s’agit pas de choisir entre la hausse des frais de scolarité et le resserrement des dépenses des universités; il faut les deux et davantage, par exemple des frais de scolarité au collégial, un contingentement des spécialités avec peu de débouchés, etc. L’option consistant à refiler la facture aux contribuables doit être écartée, si l’on veut éviter de miner la compétitivité fiscale et économique du Québec. Soulignons en passant que le cas de la Suède est loin d’être un exemple à suivre: la lourdeur excessive de l’impôt sur le revenu n’est pas étrangère à la quasi-disparition de son secteur cinématographique et à la vente de ses fleurons industriels, comme Volvo et Saab.