(Le Monde) Le Québec, entre colère et espoir

Universitaires, nous enseignons et nous conduisons nos recherches au Québec et en France. Nous connaissons bien nos universités et nos étudiants, que nous côtoyons et que nous contribuons à former, des deux côtés de l’Atlantique. Aujourd’hui, au regard de la situation que connaît le Québec, nous sommes partagés entre la colère et l’espoir. La colère face au cynisme d’un gouvernement qui a laissé pourrir la situation et a préféré la répression au dialogue pendant trop longtemps ; l’espoir de ceux qui ont vu fleurir ce mouvement et tout ce qu’il a déjà semé d’irréversible sur son chemin.

La colère d’abord. Depuis trois mois, le premier ministre Jean Charest et son gouvernement ont plongé le Québec dans l’une des pires crises sociales de son histoire.

D’abord, en remettant en cause l’un des éléments fondateurs de la société québécoise contemporaine : une université accessible à tous. Ce modèle fait notre fierté ! L’université québécoise, dans sa forme actuelle, est étroitement liée à la construction d’un Etat-providence unique en Amérique du Nord, qui a favorisé l’essor économique et social du Québec et l’édification de son peuple. Elle tire d’ailleurs une partie de son prestige, vue d’Europe, de cette position singulière. Cette spécificité est une chance et devrait être valorisée comme telle.

Il y a par ailleurs une cruelle ironie, doublée d’un certain cynisme, à faire payer aujourd’hui les étudiants, pour les difficultés financières des universités québécoises que le gouvernement libéral de Jean Charest a directement alimentées depuis des années. Les choix d’investissement aventureux (en matière d’immobilier notamment) ont été rendus possibles par des modes de décisions de moins en moins collégiaux, de plus en plus « managériaux », au sujet desquelles de multiples signaux d’alerte ont été lancés. Depuis plus de 100 jours, le gouvernement Charest et ses ministres n’ont pourtant pas jugé nécessaire defaire le bilan de l’université québécoise et des politiques menées depuis plusieurs années, au-delà même de la question des droits d’inscription. Les frais de scolarité ont bon dos !

Texte complet au http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/30/le-quebec-entre-colere-et-espoir_1709331_3232.html

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