Déclaration des universitaires et des dirigeants étudiants chiliens en appui aux étudiants, aux universitaires et aux travailleurs du Québec

NOUS SOMMES TOUS DES QUÉBÉCOIS! ¡TODOS SOMOS QUEBEQUENSES!

Les dirigeants étudiants des écoles secondaires et des universités, les universitaires, les enseignants et la population du Chili en général sont solidaires avec les luttes des étudiants québécois. Nous produisons une déclaration publique.

Nous retournons la pareille au mouvement étudiant mondial qui, de multiples façons, s’est montré solidaire avec les étudiants chiliens (voir « Estudiantes de los 5 conntinentes solidarizan… »); maintenant, NOUS SOMMES TOUS DES QUÉBÉCOIS!

NOUS SOMMES TOUS DES QUÉBÉCOIS!
¡TODOS SOMOS QUEBEQUENSES!


Les soussignés, lesquels sont des professeurs et des dirigeants étudiants chiliens, dénoncent devant l’opinion publique nationale et internationale la persécution envers le mouvement étudiant qui a lieu au Québec, au Canada, laquelle trouve son expression dans la Loi 78, adoptée le jeudi 19 mai par le gouvernement du premier ministre Jean Charest.

La Loi 78, surnommée la « loi matraque », est la plus dure à avoir été adoptée depuis la Loi des mesures de guerre d’octobre 1970; elle a été dénoncé par le président du Barreau de la province, ainsi que par Amnistie Internationale, la Ligue des droits de l’Homme, les quatre principales centrales syndicales et diverses institutions académiques. Elle limite les libertés fondamentales des citoyens du Québec et restreint certains aspects fondamentaux de la liberté d’expression, de la liberté de manifester et de la liberté d’association inscrites dans la Constitution et la Charte québécoise des droits et libertés.

Cette loi ne concerne pas seulement les étudiants en grève depuis quinze semaines contre la hausse des frais de scolarité, mais aussi tous les citoyens, en particulier les enseignants, les professeurs et les travailleurs, dont les droits d’expression et d’association sont touchés. Parmi ces mesures, nous dénonçons : celles qui empêchent les manifestations spontanées de tout groupe de plus de cinquante personnes; l’interdiction de manifester à moins de cinquante mètres des écoles; le renforcement du pouvoir des forces policières qui leur permet de décider si une manifestation est légale ou illégale, à tout moment, ou si quelqu’un en est l’instigateur. De même, toute expression publique de soutien aux manifestations se voit également punie.

Maintenant, par exemple, nul ne peut, au Québec, lors d’un conflit, empêcher des étudiants d’entrer dans les collèges et les universités, sous peine d’amendes individuelles et d’amendes pour l’association étudiante dont est membre cette personne, ainsi que pour les dirigeants syndicaux et étudiants. Ces sanctions varient de 1 000 à 125 000 dollars.

Les directions des associations étudiantes ont annoncé qu’elles iraient en appel de cette loi qu’elles jugent inconstitutionnelle et elles ont appelé à la solidarité de tous les citoyens.

Le peuple québécois a appuyé le peuple chilien pendant bon nombre d’années par sa solidarité active, et c’est pourquoi, aujourd’hui, nous ressentons le besoin d’exprimer et de manifester toute notre solidarité avec les organisations étudiantes et leurs dirigeants, ainsi qu’avec les centrales syndicales et l’ensemble du mouvement citoyen.

Nous le faisons par solidarité, mais aussi parce que nous percevons que toute attaque contre la liberté, et ce, peu importe l’endroit dans le monde où celle-ci se produit, constitue une attaque contre nos libertés. La loi Hinzpeter adoptée par le gouvernement chilien s’inscrit dans la même perspective répressive et antidémocratique.

La lutte des étudiants, des professeurs et des travailleurs du Québec est aussi notre lutte.

Le 24 mai 2012, Santiago de Chile

Premiers signataires :
Pour adhérer à la liste de signataires, envoyez un courriel à memoriaspreniadas@gmail.com

  1. Sergio Grez Toso, historien, professeur à l’Université du Chili.
  2. María Eugenia Domínguez, journaliste, professeur à l’Université du Chili.
  3. Gabriel Boric, président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).
  4. Camila Vallejo Dowling, vice-président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).
  5. Felipe Ramírez, secrétaire général de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).
  6. Andrés Fielbaum, secrétaire aux communications de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).
  7. Pablo Soto Arrate, directeur exécutif du centre d’études de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).
  8. Felipe Ramírez, secrétaire général de la Fédération étudiante de l’Université de Magallanes, à Punta Arenas.
  9. Sebastián Aylwin Correa, vice-président du centre étudiant de l’École de droit de l’Université du Chili.
  10. Francisco Figueroa, ancien vice-président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) pour 2011.
  11. Loreto Fernández, ancien président du centre étudiant de la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili (2011) et actuel délégué à la protection de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH). Conseil des étudiants en santé de l’Université du Chili.
  12. Eloísa González Domínguez, porte-parole de l’Assemblée étudiantes du lycée Manuel de Salas, porte-parole de l’Assemblée de coordination des étudiants secondaires de Santiago (ACES).
  13. Gabriel González, président du centre des élèves de l’Institut national (CAIN) 2012, Santiago.
  14. Álvaro Fernández, président du gouvernement étudiant du Lycée professionnel (GELA) pour 2011-2012, à Santiago.
  15. Matías Cárdenas, ancien porte-parole pour 2011 du Lycée professionnel, et actuel secrétaire exécutif du gouvernement étudiant du Lycée professionnel (GELA) pour 2011-2012, à Santiago.
  16. Tamara Castro, présidente du centre étudiant du Lycée Carvajal de Prat, à Providencia, à Santiago.
  17. Diego Bautista Cubillos Polo, secrétaire exécutif du centre des éleves Internado Nacional Barros Arana, à Santiago.
  18. Jorge Silva, président du centre des élèves de Liceo José Victorino Lastarria, à Providencia, à Santiago.
  19. Camila Hernández, présidente du centre étudiant, à Liceo Tajamar 2012, Providencia, Santiago.
  20. Moisés Paredes, ancien porte-parole du Lycée Arturo Alessandri Palma, a Providencia, à Santiago, actuel représentant des élèves expulsés et sans matricule de ce collège.
  21. Camila Fuentes, présidente du centre des élèves du Lycée 7, à Providencia (CELIS), à Santiago, pour 2012.
  22. Sebastián Vielmas, secrétaire général (2011) de la Fédération étudiante de l’Université catholique du Chili (FEUC).
  23. Pablo Oyarzún Robles, philosophe, professeur à l’Université du Chili.
  24. Eduardo Flores Retamal, président du centre étudiant de médecine vétérinaire de l’Université du Chili.
  25. Carlos Ruiz Encina, sociologue, professeur à l’Université du Chili.
  26. José Aylwin, avocat, professeur à l’Université australe du Chili, à Valdivia.
  27. Manuel Loyola, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.
  28. Ariel Russel García, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) de la Faculté des sciences agronomiques.
  29. Diego Corvalán, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) et ancien secrétaire général du centre étudiant de la Faculté des sciences agronomiques.
  30. Faride Zerán, journaliste, professeur à l’Université du Chili, Prix national de journalisme.
  31. Felipe Portales Cifuentes, sociologue, professeur à l’Université du Chili.
  32. Alexis Meza Sánchez, historien, ancien dirigeant de la Fédération des étudiants de l’Université de Concepción.
  33. Carlos Ossandón Buljevic, philosophe, professeur à l’Université du Chili.
  34. Pedro Rosas Aravena, historien, directeur à l’École d’histoire et des sciences sociales de l’Université ARCIS.
  35. Jonás Chnaidemann, biologiste, professeur à l’Université du Chili et sénateur universitaire de cette même université.
  36. Marcelo Santos, communicateur social, éducateur et conseiller en communication et démocratie.
  37. Pierina Ferretti, sociologue, professeure à l’Université de Valparaíso.
  38. Luis Casado, ingénieur du CESI, à Francia, expert-conseil de la Confédération minière du Chili.
  39. Mario Matus González, historien, professeur à l’Université du Chili.
  40. Jorge Pinto Rodríguez, historien, professeur à l’Université de la Frontera, à Temuco.
  41. Ignacio Díaz Concha, secrétaire général du centre étudiant du baccalauréat à l’Université du Chili.
  42. Víctor de la Fuente, journaliste, directeur de l’édition chilienne du Monde Diplomatique.
  43. Carlos Sandoval Ambiado, historien, professeur de l’Université de Los Lagos et de l’Université Viña del Mar.
  44. Germán F. Westphal, linguiste, citoyen chilien et canadien.
  45. Isabel Cassigoli, sociologue, professeur à l’Université ARCIS.
  46. Margarita Iglesias Saldaña, historienne, professeur à l’Université du Chili.
  47. Ángela Vergara, historienne, professeur à l’Université d’État de Californie, à Los Angeles, aux États-Unis
  48. Jorge Chuaqui K., sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso, président de l’Association nationale des usagers des services de santé mentale (ANUSSAM).
  49. Félix J. Aguirre D., sociologue et politicologue, professeur à l’Université de Valparaíso.
  50. Julio Pinto Vallejos, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.
  51. Mauricio Barría Jara, dramaturge, professeur à l’Université du Chili.
  52. Darcie Doll Castillo, docteure en littérature, professeur à l’Université du Chili.
  53. Carlos Molina Bustos, médedin chirurgien et historien, professeur d’histoire à l’École de santé publique de l’Université du Chili et de l’Université Viña del Mar.
  54. Francisco de Torres, porte-parole générale de l’Assemblée des étudiants diplômés de la faculté de philosophie et des sciences sociales de l’Université du Chili..
  55. Isabel Jara, historienne, professeure à l’Université du Chili.
  56. Pedro Bravo Elizondo, docteur en littérature, professeur à l’Université d’État de Wichita, au Kansas, au États-Unis.
  57. José del Pozo, historien, professeur à l’Université du Québec à Montréal, au Canada.
  58. Marco Rodríguez W., sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.
  59. Igor Goicovic Donoso, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.
  60. Gabriel Muñoz, coordonnateur de l’Assemblée des étudiants d’histoire de l’Université du Chili.
  61. Bárbara Brito, conseillère de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté de philosophie et des sciences sociales.
  62. Benjamín Infante, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté de philosophie et des sciences sociales.
  63. Manuel Jesús Hidalgo Valdivia, économiste.
  64. Juan Carlos Gómez Leyton, politicologue, professeur à l’Université ARCIS.
  65. Iván Ljubetic Vargas, historien, ancien professeur à l’Université du Chili, campus de Temuco.
  66. Rodrigo Contreras Molina, anthropologue, professeur à l’Université de la Frontera, à Temuco.
  67. Marcelo Garrido Pereira, géographe, chef du cours de géographie de l’Université académique d’humanisme chrétien.
  68. Javier Sandoval Ojeda, ancien président de la Fédération étudiante de l’Université de Concepción, pour 1996-1997.
  69. Mario Valdés Vera, historien, professeur de l’Université de Concepción.
  70. Pablo Aravena Núñez, professeur à l’Université de Valparaíso.
  71. César Cerda Albarracín, historien, professeur à l’Université métropolitaine de technologie.
  72. Paz López, coordinatrice académique en chef des études culturelles à l’Université ARCIS.
  73. María Soledad Jiménez, historienne, professeure à l’Université académique d’humanisme chrétien.
  74. Mario Garcés Durán, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili, directeur de ECO Comunicaciones.
  75. Rodrigo Zúñiga Contreras, philosophe, professeur à l’Université du Chili.
  76. Sergio Rojas Contreras, philosophe, professeur à l’Université du Chili.
  77. Carmen Gloria Bravo Quezada, historienne, professeure à l’Université de Santiago du Chili.
  78. Miguel Valderrama, historien, professeur à l’Université ARCIS.
  79. Kevin Villegas, sociologue, professeur à l’Université Pedro de Valdivia, campus de Chillán.
  80. Alonso Serradell Díaz, maître en citoyenneté et droits de l’Homme : éthique et politique, Université de Barcelone.
  81. Catherine Valenzuela Marchant, enseignante, étudiante au doctorat en histoire, Université du Chili.
  82. Viviana Bravo Vargas, historienne, doctorante en études latinoaméricaines à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).
  83. Enrique Fernández Darraz, sociologue et historien.
  84. Florencia Velasco, baccalauréat en littérature et étudiant à la maîtrise en littérature de l’Université du Chili, responsable de la rédaction de Lom Ediciones.
  85. Blaise Pantel, membre du corps professoral du département de sociologie et de science politique, Université catholique de Temuco.
  86. Sebastián Ríos Labbé, avocat, professeur à l’Université du Chili.
  87. Oscar Zapata Cabello, délégué étudiant du cours de chimie, faculté des sciences de l’Université du Chili.
  88. Evelin Ledesma Cruz, bénévole et militante pour le Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL), Montréal, Québec, Canada.
  89. Laureano Checa, Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.
  90. Lorena Antezana Barrios, professeure à l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.
  91. Milton Godoy Orellana, historien, professeur à l’Université académique d’humanisme chrétien.
  92. José Miguel Labrín, professeur de l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.
  93. Ximena Poo Figueroa, professeure à l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.
  94. José Alberto de la Fuente, docteur en littérature, professeur à l’Université catholique Cardinal Raúl Silva Henríquez.
  95. Jorge Gonzalorena Döll, sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.
  96. Sandra Oyarzo Torres, sage-femme, professeure à l’Université du Chili.
  97. Luis Castro, historien, professeur à l’Université de Valparaíso.
  98. Patricio Troncoso Ovando, ingénieur de production, ancien président de la Fédération des étudiants de l’Université technique Federico Santa María (FEUTFSM), campus de Talcahuano, de 2001 à 2003.
  99. Gonzalo Ojeda Urzúa, sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.
  100. Valentina Saavedra, ancienne présidente du Centre des étudiants d’architecture et actuelle conseillère de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté d’architecture et d’urbanisme.
  101. Cristián Pozo, sociologue.
  102. Francisco Herrera, philosophe, professeur à l’Université du Chili.
  103. Eleonora Reyes, historienne, professeure à l’Université du Chili.

 

Traduction de l’espagnol fournie gracieusement par Marie-Claude Plourde, traductrice agréée.

 

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