Pétitions et lettres ouvertes

Des enseignants sanctionnés pour une lettre publiée dans Le Devoir

Si les collaborateurs de la section « Idées » du Devoir sont « libres de penser », la direction du collège Lionel-Groulx ne l’entend pas de cette oreille. Après la publication de la lettre ouverte dans nos pages en mai, une réprimande écrite a été inscrite au dossier des onze signataires, qui sont menacés de congédiement s’ils devaient récidiver.

Dans une lettre « Libre opinion » intitulée « Violence à Lionel-Groulx : voici notre version », parue dans le 31 mai, onze enseignants dénoncaient le « rôle d’agent exécutif manipulé par l’autorité qu’a revendiqué la direction du collège ». Ils critiquaient la décision de Monique Laurin, la directrice de ce collège de Sainte-Thérèse, de faire respecter l’injonction. « La loi spéciale est une bombe entre les mains d’un tel agent exécutif », affirment-ils.

Suite au:

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/356314/des-enseignants-sanctionnes-pour-une-lettre-publiee-dans-le-devoir

Catégorie: Pétitions et lettres ouvertes, Presse

Manifeste pour la défense de la démocratie et du doit de protestation des étudiant-es

Cher.e collègue,

Voici une pétition de professeur.e.s (cegep / université / chargé.e.s de cours / etc.) pour la défense de la démocratie et du droit de protestation des étudiant.e.s.Il s’agit de la signer et de la faire suivre à nos collègues du Québec, du Canada et du monde entier. En effet, à terme, cette alliance de l’austérité, de la marchandisation et de la répression politique que nous subissons aujourd’hui ici, concernera tou.te.s les étudiant.e.s et professeur.e.s dans le monde.Pour l’heure, près de 500 personnes ont signé partout dans le monde, dont Noam Chomsky, Judith Butler, Normand Baillargeon ou Étienne Balibar.

Plus bas sont les liens vers le manifeste, ainsi qu’une lettre de présentation en français et en anglais, si vous désirez faire suivre à des professeur.e.s de l’étranger qui n’auraient pas suivi le détail des dernières semaines au Québec.

Solidairement,

Joan Sénéchal
Philosophie – Ahuntsic

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Pour signer le manifeste, envoyez vos nom et affiliation à: manifestegreveetudiante@gmail.com


Bill 78 / Law 12 in English : https://docs.google.com/file/d/0B3lTHAjqihRqLWgtMURoWDlWalE/edit 
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ENGLISH
Dear Colleague,

We are a group of high school and college professors from Quebec. We write to you today because we need the support of teachers everywhere.

As you know, students in Quebec have been on strike for the past four months to reject a government-mandated increase in university tuition fees – a 75% hike over the next five years. On May 18, the government of Jean Charest, the Quebec Premier, passed an emergency law (known as « Law 12″, previously known as Bill 78) which severely restricts students’ fundamental rights, such as the right to demonstrate and the right to strike.This law forces us to teach in an environment which does not recognize our students’ right to protest.


We are actively participating in the student demonstrations through a network called « Profs contre la hausse » (Teachers against the raise). Our teachers collective is determined to denounce this law and to exercise our rights in a context which respects our freedom to teach. In this spirit, we have drafted a manifesto to be co-signed by high school and university teachers from inside and outside Quebec. We send it to you now in the hopes that you will add your signature.

To sign the manifesto, please send your name and school affiliation to the following email addressmanifestegreveetudiante@gmail.comYour support matters, because we are defending the principles of our social and political democracy.

We also ask you to distribute this manifesto privately among like-minded colleagues, bearing in mind the need to prevent its public distribution, including on social networking sites such as Facebook.
We need you to respond quickly. We intend to publish this piece during the students’ first general assembly meetings which are scheduled for August.
Thank you for your attention and your support

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To sign the manifesto, please send your name and school affiliation to: manifestegreveetudiante@gmail.com

 

Catégorie: Pétitions et lettres ouvertes

Pétition d’artistes, d’intellectuel(e)s et de syndicalistes contre la loi 12 (projet de loi 78)

Marie-Christine Bernard, Jean-François Caron, Francis Lagacé, Éric Pineault et Michel Seymour sont les auteurs d’une lettre dénonçant la loi 12 (projet de loi 78). Cette lettre s’est transformée dans une pétition signée par 1174 artistes, professeur(e)s, écrivain(e)s et syndicalistes. La pétition a été déposée au bureau du Premier Ministre au terme d’une marche rassemblant 49 personnes vêtues de noir, le 21 juin 2012.

Nous joignons ici ce texte ainsi que la liste des pétitionnaires au nombre desquels figurent le chanteur, poète et cinéaste Richard Desjardins, le sociologue Guy Rocher, le conteur Fred Pellerin, le cinéaste Hugo Latulippe, le metteur en scène Dominic Champagne, le chanteur Richard Séguin, l’actrice Sylvie Moreau, le philosophe Georges Leroux, l’artiste Paule Baillargeon, la romancière Marie-Claire Blais, l’humoriste François Parenteau, le communicateur Jacques Languirand, Sébastien Ricard de Loco Locass et quantité d’autres professeur(e)s, artistes, écrivain(e)s et syndicalistes.

Télécharger:

Déclaration contre la loi 78 (PDF).

Catégorie: Pétitions et lettres ouvertes

Message de solidarité de la communauté académique grecque aux étudiants en lutte au Québec

Nous, enseignants aux universités grecques, expriment notre solidarité à la mobilisation extraordinaire des étudiants au Québec : la grève étudiante la plus longue et la plus massive dans l’ histoire de l’Amérique du Nord qui est en train de devenir une des campagnes les plus importantes dans le monde contre l’austérité.

La communauté académique en Grèce suit avec indignation, mais aussi avec espoir, la lutte des étudiants afin de bloquer l’augmentation des droits de scolarité universitaire et résister à l’attaque néolibérale sans précédent aux charges sociales.

Nous suivons avec indignation, parce que la répression draconniene exercée par le gouvernement a menacé non seulement la libre expression et les droits démocratiques, mais aussi la vie même des étudiants en lutte, ainsi que celle des enseignants, du personnel  administratif des universités et d’autres citoyens solidaires. Les lois qui limitent fermement le droit de manifester menacent la démocratie et tentent de bâillonner toute voix qui résiste aux réformes néolibérales de l’éducation. Quand la démocratie est en jeu, la désobéissance devient une obligation.

Et nous suivons avec espoir, parce que la voix du mouvement étudiant de Québec donne au monde entier des leçons précieuses de combativité et de persévérance contre la marchandisation de l’éducation et pour la défense d’une éducation publique et démocratique.

Dans cette lutte, nous sommes nombreux. Notre mobilisation est trop forte pour contenir. Du Québec à Londres et à Rome, de Santiago à Vienne et à Athènes, la communauté académique mène le même combat. En Grèce, nous avons déjà réussi en 2006 à bloquer un amendement da la Constitution qui visait à abolir le caractère exclusivement public des universités. Ensuite, en 2011-2012, nous avons réussi à délégitimer et rendre inactive une loi qui visait une réforme néolibérale de l’éducation supérieure. Nous sommes nombreux et dès lors optimistes et confiants. Tous ensemble continuons le combat pour que l’éducation redevienne un bien public dans le monde entier.

Nous, les universitaires Grecs, déclarons notre solidarité à vos luttes magnifiques, qui sont nos luttes.

Liste des signataires et version anglaise au http://montreal.mediacoop.ca/story/146-greek-academics-shows-solidarity-quebec-students-message-de-solidarit%C3%A9-de-la-communaut%C3%A9-ac


Catégorie: Collectifs, Communiqués, Pétitions et lettres ouvertes

Lettre ouverte aux députés du Parti libéral du Québec

Madame, Monsieur, député-e du Parti libéral du Québec,
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Considérant que l’instruction publique est d’abord un bien public qui profite à l’ensemble de la société, sur les plans moral, culturel, scientifique et économique;
Considérant que l’économie mondiale est de plus en plus dominée par les connaissances technologiques, dérivées des connaissances fondamentales;
Considérant que l’accessibilité aux études supérieures est un des meilleurs moyens d’assurer l’égalité des opportunités et la justice sociale;
Considérant que l’accessibilité aux études supérieures est un des meilleurs moyens d’assurer la compétitivité de l’économie québécoise dans l’ordre économique international;
Considérant que les dépenses totales par année par étudiant équivalent temps plein au Québec (29,242$) sont supérieures à celles ayant cours dans le reste du Canada (28,735$), lequel se classe à ce chapitre au 3e rang des pays de l’OCDE;
Considérant que l’investissement public en éducation supérieure est plus que rentable puisque un-e diplômé-e universitaire rapporte en moyenne 400-500K$ de plus au fisc, pour une dépense supplémentaire moyenne de 90K$; Lire la suite

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Un grand tonnerre. Lettre ouverte aux étudiantes et aux étudiants en grève

Chères étudiantes, chers étudiants,

Vous me permettrez tout d’abord de m’adresser à votre groupe dans son ensemble, et non à vos porte-paroles, ou à ceux que les médias nomment vos « leaders », une expression qui reflète bien l’abrutissement servile de notre époque. Voilà pourquoi je veux parler à tous les militants et militantes du mouvement étudiant.

Je vous écris cette lettre afin de vous saluer et de vous demander, humblement, de nous aider à poursuivre votre œuvre. Votre lutte est la renaissance de la gauche au Québec, endormie depuis des années par les privilèges de quelques-uns et étourdie par sa propre rhétorique préfabriquée. Vous êtes les travailleurs de la liberté. Vous avez dénoncé les fastes doucereux de nos paradis artificiels.Vous nous avez rappelé ce qu’est un peuple dans ce qu’il peut être de plus beau : un grand acte de confiance. Vous nous avez parlé, vous nous avez tendu la main, même lorsque nous vous laissions sans réponses. Mais il n’est pas trop tard. Nous serons d’abord quelques centaines, puis des milliers à œuvrer avec vous. Reste la question de la violence, qui serait le mur entre nous. Mais de quelle violence parlons-nous au juste ? Lire la suite

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« Devoir de réserve » ou devoir de participation ?

À la longue, les hommes n’atteignent que ce à quoi ils aspirent.

- Thoreau

Yvon Rivard, Université McGill

Mélissa Grégoire, Cégep de L’Assomption

Martin Godon, Cégep du Vieux-Montréal

La violence et l’exaspération des derniers jours, découlant directement de l’inertie du gouvernement et d’une succession d’injonctions dans les établissements scolaires, ont donné lieu à toutes sortes de critiques adressées aux professeurs qui se sont prononcés contre la hausse des frais de scolarité. Si le professeur Jean Barbeau (La Presse, « Un devoir de réserve », 3 mai 2012) et la chroniqueuse Denise Bombardier (Le Devoir, « Fin de partie », 5 mai 2012) s’entendent tous deux pour dire que les professeurs ont un « devoir de réserve » dans le conflit étudiant, les professeurs signataires de ce texte défendent le point de vue inverse, à partir d’une expérience et d’une conception de l’enseignement qui ne peut pas dissocier l’éducation et le politique. Pourquoi enseigner ce qu’est la beauté, la vérité, la justice, pourquoi réfléchir à la complexité du langage et des idées, des choses et des êtres, si cette connaissance ne se traduit jamais concrètement dans la sphère sociale ? Mettre les connaissances à l’épreuve du réel, comme les théories scientifiques doivent être soumises à l’expérimentation, n’est-ce pas, en partie, la tâche du professeur ? Le danger serait justement de ne jamais soumettre la pensée à une telle épreuve ; c’est ainsi qu’elle peut, sans le savoir, devenir aberrante ou stérile. Lire la suite

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La FERC-SUP (CGT), syndicat d’enseignants en France, proclame sa solidarité avec le mouvement étudiant

Solidarité avec les étudiants québécois
qui s’opposent à la marchandisation de l’enseignement supérieur

Depuis plus de onze semaines, de nombreux collèges et universités du Québec sont à l’arrêt. De très nombreux étudiants (plus de 40%) sont en grève reconductible pour protester contre une très forte hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement. La dernière proposition du gouvernement, en forme de provocation, prévoit une hausse des droits de scolarité de 1 779$ sur 7 années (soit 254$ par an) au lieu de 1 625 $ sur 5 ans initialement prévus (soit 325$ par an). Ce qui représentait déjà une augmentation de plus de 70%.

De nombreux professeurs sont solidaires de ce mouvement.

Le 22 mars dernier, plus de 200 000 manifestants occupaient les rues de Montréal. Malgré cette démonstration de force et d’unanimité, la Ministre de l’Éducation se refuse à toute négociation avec les associations étudiantes. Au contraire, le gouvernement du Québec cherche à diviser l’opinion publique en déclarant illégales les manifestations et privilégie une politique de répression violente en faisant appel à la force.

Dans ce contexte, la FERC Sup CGT proclame sa solidarité avec le mouvement étudiant québécois car le silence face à la protestation unanime, de même que les violences policières contre les étudiants sont inacceptables.

Sur le fond, la FERC Sup CGT estime que l’accès du plus grand nombre à l’enseignement supérieur est un droit qui ne doit pas être remis en cause par l’instauration de droits de scolarité excessifs et discriminatoires qui constitueront une barrière pour les étudiants issus des classes les plus défavorisées.

Aux protestations des étudiants, le gouvernement du Québec oppose l’idée d’un accroissement nécessaire du financement de l’université pour en garantir la qualité et il justifie la sélection par l’argent qu’il instaure en faisant miroiter aux étudiants de meilleurs salaires après l’obtention de leurs diplômes universitaires. L’accession aux études supérieures ne doit pas devenir un investissement financier pour les jeunes et leurs familles que l’on veut ainsi mettre en situation de spéculer sur un hypothétique avenir professionnel. La FERC Sup CGT refuse ce processus de financiarisation. L’éducation n’est pas une marchandise. Elle doit être la garantie de l’émancipation des citoyens. Les dépenses qui y sont consacrées ne sont pas une charge mais la contribution qu’un pays mobilise pour assurer l’avenir de sa jeunesse et de la société.

La FERC Sup CGT défend le principe d’un Service public d’enseignement supérieur et de recherche gratuit et laïque favorisant l’accès à la connaissance et aux savoirs disciplinaires et professionnels pour le plus grand nombre.

Nous ferons tout pour faire connaître cette lutte et la populariser.

Communiqué en ligne.

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